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Célébration de la Semaine internationale des sourds: l’ANASOCI plaide pour la promotion et la vulgarisation de la langue des signes

Les activités marquant la célébration de la Semaine internationale des sourds et la Journée internationale des langues des signes en Côte d’Ivoire a débuté, le mercredi 23 septembre 2020, autour du thème «Réaffirmer les droits humains des personnes sourdes».

Une occasion saisie par l’Association nationale des sourds de Côte d’Ivoire (ANASOCI) pour sensibiliser sur l’importance de la langue des signes pour les personnes sourdes.

Le président du Conseil d’administration de l’ANASOCI, Ouattara Yegueleworo a indiqué que la prise en compte des droits humains des personnes sourdes passe par la vulgarisation de la langue des signes.

«La langue des signes est une condition préalable, essentielle pour assurer la pleine participation des personnes sourdes dans leurs communautés et pour assurer la pleine réalisation de leurs droits humains », a affirmé Yegueleworo Ouattara sensibilisant par la même occasion les pouvoirs publics.

«Aussi importe-il que les gouvernements soutiennent l’acquisition précoce de la langue des signes en offrant une éducation bilingue inclusive et de qualité. En outre, les gouvernements doivent fournir et financer des interprètes professionnels et formés en langues des signes pour permettre la participation des personnes sourdes à la société », a-t-il ajouté.

La reconnaissance juridique des langues des signes nationales en tant que langues officielles, a poursuivi le PCA de l’ANASOCI, est essentielle pour l’inclusion des personnes sourdes dans leurs sociétés.

Selon lui, «cette reconnaissance juridique contribuera à la mise en œuvre et à la réalisation des droits énoncés dans la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées et dans l’Agenda 2030 des Objectifs du Développement durable, faisant de la devise ‘’Rien pour nous sans nous’’, ‘’Ne laissez personne derrière vous’’, une réalité ».

Il a par ailleurs déploré le retard avec lequel les enfants sourds accèdent à la langue des signes. «Comme 95% des enfants sourds naissent des parents entendants, la plupart de ces enfants sont exposés tardivement à la langue des signes, ce qui entraine un développement cognitif et réduit leurs chances d’acquérir des compétences linguistiques. L’accès précoce à la langue des signes et à une éducation inclusive de qualité par le biais d’une langue des signes nationale et d’une langue écrite nationale pour tous les enfants sourds est fondamental pour garantir leurs droits humains. Pour garantir ce droit, les familles d’enfants sourds doivent recevoir un enseignement en langue des signes financé par l’Etat ; et ceci, le plutôt possible», a-t-il relevé.

Concernant les personnes âgées sourdes, le président du Conseil d’administration de l’ANASOCI, a indiqué que ceux-ci, ‘’au regard des résolutions internationales, ne bénéficient pas de leur droit fondamental à recevoir des informations et des services dans leur langue des signes nationale’’.

Quant aux femmes sourdes, Ouattara Yegueleworo a souligné qu’elles ‘’doivent avoir la possibilité de jouir de leurs droits humains dans tous les domaines de la vie’’.

Plusieurs autres intervenants dont Koné Krowélé, premier responsable de la Direction pour la promotion des personnes handicapées (DPPH), représentant le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale et M. Kouassi Alfred, représentant la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) se sont succédés au pupitre.

Au menu de cette célébration de la Semaine internationale des sourds en Côte d’Ivoire, une conférence de presse publique est prévue ce jeudi 24 septembre. Un atelier de sensibilisation sur la langue des signes et sur les problèmes rencontrés par les personnes sourdes se déroulera le vendredi 25 septembre. Samedi 26 septembre, aura lieu une formation de 20 jeunes leaders sourds sur le leadership.

Marina N.

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