Côte d’Ivoire/Savadogo Bourahima (Ex-Chargé du sport et de la culture de l’ANAPHCI): « Que l’état aide les handicapés à s’organiser afin de mieux les soutenir »

Savadogo Bourahima, ex-responsable chargé de l’information, de la culture du sport des jeux et loisirs de l’association nationale des personnes handicapées de côte d’Ivoire (ANAPHCI), la première association des personnes en situation de handicap en Côte d’Ivoire est un artiste de profession, Metteur en scène, Directeur artistique et réalisateur.
En situation de handicap depuis l’âge de 3 ans du fait d’une injection mal réalisée, Savadogo Bourahima ne sait jamais laisser abattre et a toujours voulu s’affirmer malgré son état.
« J’ai eu mon handicap à l’âge de 3 ans. Selon mes parents, c’est dû à la poliomyélite que j’ai eu mon handicap. En fait, c’était un jour ou je me sentais mal et mes parents m’ont conduit à l’hôpital de la CNPS à l’époque à Adjamé pour me fait faire une injection du nom de quinimax. Au retour de l’hôpital, je me suis automatiquement rendu sur le lit pour me reposer. A mon réveil, j’avais du mal à me lever. j’ai demandé de l’aide en vain à ma mère car, pour elle, je me jouais les paresseux. C’est donc après insistance qu’elle a constaté que c’était du sérieux et elle m’a aidée à quitter le lit. Sentant que mon corps était chaud et voyant que mes pieds ne tenaient plus, elle a alerté les voisins pour l’aider. Nous sommes retournés à l’hôpital et selon les médecins, c’était sûrement l’effet du quinimax et qu’après la douleur allait passé après des massages. Malgré tout, rien n’a changé et mes parents n’ont pas voulu aller loin pour faire une chirurgie et c’est ainsi que les muscles de ma jambe se sont atrophiés et également mes mains », a affirmé Savadogo Bourahima.
Ajoutant qu’étant tout petit, il s’est adapté à cette nouvelle situation.
« Pendant mon enfance, je n’ai pas senti mon handicap, j’essayais de faire plus que les autres, je n’ai jamais voulu que mes amis prennent le dessus sur moi. Même le football, je le pratiquait malgré que mes amis ne voulaient pas et c’est comme ça, j’ai pris goût au sport. Je faisais des choses que les valides n’arrivaient pas à faire, du coup, mes amis voulaient toujours que je sois avec eux. Pour moi, le handicap c’est le regard des autres. je n’étais pas du tout complexé à l’école et au sport », a-t-il avoué avec enthousiasme.
Pour lui, il faut que l’état aide les personnes en situation de handicap à s’organiser afin de mieux les aider.
« Aujourd’hui, avec la prolifération d’associations de personnes en situation de handicap, je pense qu’il faut que l’état aide à organiser les personnes en situation de handicap afin de mieux les soutenir dans la concrétisation de leurs projets ainsi qu’à pleinement respecter leurs droits et leurs obligations. Il faut se mettre ensemble pour avancer car, quand on va en rang dispersé, il est difficile de nous aider », a soutenu l’initiateur en Côte d’Ivoire, du sport pour personnes handicapées (handifoot, tennis de table, course de voiturette).
Organisateur de la première journée sportive nationale pour personnes handicapées en Côte d’Ivoire, précisément au Parc des Sports de Treichville dans les années 1982, Savadogo Bourahima souhaite qu’un véritable suivi soit fait en ce qui concerne les aides attribuées aux associations du handicap en Côte d’Ivoire afin de réaliser de bons résultats. Aussi, il voudrait qu’on ouvre l’Institut médico-pédagogique de Vridi (IMPH).
« Cette école était faite pour les parents de classe moyenne pour les handicapés intellectuels. quand on parle de l’école obligatoire, qu’est qu’on fait pour ces enfants handicapés mentaux dont les parents n’ont pas de moyens financiers élevés? »
Membre fondateur de la création de la fédération ivoirienne du sport adapté (fisa), du Groupement pour l’insertion des élèves et étudiants handicapés de Côte d’Ivoire (GIEPHCI), de l’organisation mondiale des personnes handicapées (OMPH), Savadogo Bourahima a toujours voulu que les associations de handicap et la FISA soient dirigées par une personne en situation de handicap.
DSM







