Conflit au sein de la Fédération des Sports de Sourds de Côte d’Ivoire : Une crise de gouvernance qui menace l’avenir sportif

La Fédération des Sports de Sourds de Côte d'Ivoire (FSSCI) traverse actuellement une crise sans précédent, mettant en péril la cohésion et le développement du sport pour les personnes sourdes et malentendantes dans le pays. Des tensions internes liées à des allégations de mauvaise gestion, de manque de transparence et de dysfonctionnements administratifs ont éclaté au grand jour, provoquant un conflit ouvert entre les membres de la fédération et ses dirigeants.

Depuis plusieurs semaines, des membres influents de la FSSCI ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une gouvernance autocratique et opaque. Selon eux, le président actuel, N’dé Sébastien, n’a pas respecté les principes de transparence financière et de participation démocratique dans la prise de décisions.

« Nous avons demandé à plusieurs reprises des comptes sur l’utilisation des fonds et l’organisation des activités, sur l’organisation d’une assemblée générale élective, mais nous n’avons reçu que des réponses évasives », a déclaré vendredi dernier, au cours d’un entretien, Gnapka Jacob Didier, président de la Coordination des dirigeants membres de la FSSCI par ailleurs, président de la discipline de Karaté.

Le climat de défiance a culminé lors de la demande d’une assemblée générale élective, où plusieurs clubs affiliés ont réclamé la démission du président N’dé Sébastien. Celui-ci, refusant de céder, a dénoncé une campagne de déstabilisation orchestrée par ses opposants.

« Il est regrettable de constater que certains cherchent à diviser notre fédération pour des intérêts personnels. Mon objectif a toujours été de promouvoir le sport pour les sourds en Côte d’Ivoire et d’assurer leur inclusion dans la société », a-t-il affirmé lors d’un point de presse.

Ce conflit a des répercussions directes sur les athlètes, qui se retrouvent pris en otage dans une querelle administrative. Les entraînements et les compétitions nationales ont été perturbés, affectant la préparation des sportifs pour les prochains Jeux Africains des Sourds.

« Nous sommes inquiets pour notre avenir sportif. Nous avons besoin d’un environnement stable et solidaire pour nous entraîner et nous dépasser. À cause de cette situation, nous n’arrivons pas à participer à des compétitions nationales, sous-régionales et internationales », explique M. Badra, président de la section football de ladite fédération. À l’en croire, la non organisation d’une assemblée générale élective cause un préjudice à la FSSCI et empêche les financements de la structure.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à une médiation externe afin de résoudre la crise.
“Nous plaidons pour que le ministère des Sports et du cadre de vie nous aide à résoudre ce problème pour que nous puissons vivre de notre art”, a indiqué Coulibaly Mamadou, secrétaire général de la Coordination des dirigeants membres de la FSSCI. Poursuivant, il a interpellé la communauté sportive ivoirienne à les aider à trouver une solution rapide pour préserver les intérêts des athlètes et assurer la continuité des activités sportives.

Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir de la FSSCI. La fédération devra faire preuve de transparence et de bonne gouvernance pour regagner la confiance de ses membres et poursuivre son noble objectif d’inclusion par le sport. Une réconciliation est essentielle pour éviter que ce conflit interne n’entrave davantage le développement du sport pour les sourds en Côte d’Ivoire.

La FSSCI a été officiellement reconnue faut-il le rappeler le 29 juillet 2010. La déclaration de l’association a été effectuée le 20 juillet 2010, conformément à la loi 60-315 du 21 septembre 1960 relative aux associations et N’dé Sébastien est le président de sa création.

GMK

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