«Ce jour-là (le jour où s’est produit l’accident, NDLR), je venais du Burkina Faso. Le car que j’ai emprunté est passé par le Ghana et lorsque nous sommes arrivés à Abidjan au niveau du grand carrefour de Koumassi, il y a un autre véhicule qui est venu coupé devant nous. Le chauffeur du car dans lequel j’étais a donc perdu le contrôle du véhicule. La voiture a balancé dans tous les sens pour finalement se renverser sur la voie. Arrivés sur place, il a fallu que les secours coupent le car en deux pour faire sortir tous les occupants. Il y avait plusieurs personnes à l’intérieur de l’engin dont des bébés. Me concernant il y a une vitre qui m’a tranché le pied et qui a atteint mes nerfs. Mes nerfs étaient touchés. Ma jambe était foutue », a raconté Sankara Claudine avec beaucoup d’émotions, lors d’un entretien accordé à Ivoirehandicaptv.net.
Cette situation bien qu’elle soit difficile n’a pas empêchée la jeune Claudine de garder la foi et de continuer à vivre sa vie.
«Après les soins je suis rentrée à la maison mais il fallait me rendre à l’hôpital 2 fois par semaines et c’était des dépenses à n’en point finir. Mes parents ont refusé que je sois amputée. Ils me disaient que j’étais trop jeune pour subir un tel châtiment. Ils me disaient que si mon pied était coupé, ma vie serait gâchée. Mais il fallait à tout prix sauver mon pied et la seule option c’était de l’amputer. Il fallait donc passer par là, parce que je voulais vivre ma vie comme tout le monde. J’étais certes jeune, mais il fallait que je prenne une décision. C’est ainsi qu’un jour j’ai appelé mon médecin traitant et je suis allée le voir pour lui dire que je voulais que mon pied soit amputé. C’est donc à l’insu de mes parents que l’amputation a été faite », a poursuivi la jeune fille laissant transparaître un soulagement.
D’ailleurs, elle interpelle les personnes handicapées. Elle leur demande de ne pas se laisser abattre mais à prendre la vie du bon côté car, pour elle le meilleur reste à venir.
«Aux personnes handicapées je demande de ne pas se décourager, de ne pas s’apitoyer sur leur sort. J’ai seulement 22 ans et je suis confrontée à une telle situation mais cela ne m’empêche de vivre ma vie comme tout le monde. Aujourd’hui je peux rentrer partout comme tout le monde. J’ai déjà eu même à faire la rencontre de la Première dame Dominique Ouattara et nous avons échangé. Il y a des personnes qui m’encouragent lorsqu’ils me voient et qui me donnent quelque fois de l’argent. Aujourd’hui, je fais la coiffure et ma patronne est un soutien pour moi. Mon homme est également un soutien pour moi. Je veux leur dire, qu’ils soient jeunes ou vieux, qu’ils ne se découragent pas. Il y a de l’espoir pour tous », a lancé Sankara Claudine.
Pour elle, Dieu l’a bénie et elle place en lui sa confiance. « C’est vrai que mon pied a été amputé mais pour moi Dieu m’a bénie. J’ai deux enfants, une fille et un garçon. C’est une grâce de Dieu que je remercie chaque jour. Je ne suis pas du tout découragée et je prends toujours la vie du bon côté », a-t-elle conclu.
Marina N.
