Côte d’Ivoire/Daniel Iritié Bi (ex-pdt de la FANAPHCI) : ‘’Le handicap n’a pas de coloration politique’’

Daniel Iritié Bi, enseignant de science de la vie et de la terre (svt) en profession, ex-membre du groupement pour l’insertion des élèves et étudiants handicapés de Côte d’Ivoire (GIEPHCI), ex-président de la fédération des associations nationales des personnes handicapées de Côte d’ivoire (FANAPHCI), estime que le handicap n’a pas de coloration politique.
Pour lui, le handicap n’a pas de parti pris.
« Il ne faut pas faire l’amalgame. Quand tu es leader d’une association de personne en situation de handicap, laisse de côté tes convictions politiques. C’est vrai, tu es un homme, tu as des sensibilités, dès lors que tu as la responsabilité nationale ou régionale ou locale, il faut laisser le manteau politique. Dès lors que tu portes un manteau politique, le regard des autres change et ils généralisent en même temps. Si tu es aveugle et que tu supportes un parti politique jaune, dès qu’on voit un aveugle, on dira ceux-là ils soutiennent le parti politique jaune. C’est là le mal, comment se départir de ces convictions politiques personnelles au profit de la structure qu’on dirige. Le handicap n’a pas de camp, il est social », a indiqué Daniel Iritié Bi, ancien conseiller de l’association des sourds de Côte d’Ivoire (ANASOCI).
Actuellement Directeur général du collège Mitterand à yopougon camp militaire, qui est une plateforme pour les élèves handicapés à savoir les sourds-muets et les handicapés à motricité réduite, Daniel Iritié Bi a fait le choix d’apporter sa contribution à l’émancipation des frères et sœurs sourds qui n’avaient pas accès à l’éducation formelle.
« Par mon combat, c’est une fierté pour moi de voir aujourd’hui ces camarades à l’université, cela veut dire que j’y suis arrivé », soutient-il.
Selon lui, l’éducation inclusive a un coût et sans l’apport de l’action publique à savoir le gouvernement, elle sera difficile car les parents sont généralement démunis.
« L’intégration suppose la mise en place d’une équipe pédagogique avec des interprètes, des enseignants, par une disponibilité du personnel d’encadrement. Lorsque tous ceci est réuni, on peut remonter la pente de l’ignorance du sourd. C’est vrai que c’est difficile, on y parvient », a-t-il signifié.
Félicitant les leader des associations de handicap, il a également profité de cet entretien pour leur donner des conseils.
« Je leur dire de regarder l’intérêt général et non l’intérêt particulier. L’intérêt général nous permet en tout lieu de franchir les étapes. Il permet à l’autorité dans la généralité d’aider tout le monde. Je souhaiterais que les personnes en situation de handicap mettent en avant l’intérêt général qui pourrait profiter aux personnes handicapées d’une autre génération car, il a fallu des combats antérieurs pour qu’eux puissent bénéficier aujourd’hui donc, ce même combat doit continuer et ne doit pas s’arrêter à leur propre personne », a confié l’encadreur de l’EcIs.
« Nous encourageons les décideurs à continuer cette politique de recrutement dérogatoire qui est devenue une loi parce que la personne en situation de handicap rencontre beaucoup de difficultés pour l’insertion effective, à chacun de nous de mettre en avant notre capacité réelle à travailler » a-t-il souhaité.
D’après lui, la personne en situation de handicap doit se détacher de toute la lourdeur sociologique d’assistance qui est devenue un fait culturel et qui pourrait être un frein à son avancée.
« Dans nos sociétés africaines, la personne en situation de handicap a toujours été assistée. Et la société la portait en estime, l’assistait. Si la personne en situation de handicap ne se détache pas de cette lourdeur sociologique, il va s’en dire que ça ne va jamais s’arrêter. Il est bon qu’on vous apprenne à pêcher que de vous donner chaque jour du poisson », a conseillé l’ex-président de la FANAPHCI avant de conclure en souhaitant que tout le monde s’accorde sur la dignité de la personne en situation de handicap en facilitant l’environnement, l’accès à des services, à des immeubles, la priorité à des personnes en situation de handicap à être dans une posture qui lui permette de ne pas être humiliée.
DSM







