Côte d’Ivoire/Déhi Assamoi (Educatrice spécialisée) : ‘’L’infirmité motrice cérébrale chez l’enfant est une pathologie qui peut arriver à n’importe qui’’

L’infirmité motrice cérébrale (IMC) est une pathologie qui a seulement un impact sur la posture, les déplacements…Elle n’est pas contagieuse et ne touche pas l’intelligence de l’enfant. C’est ce qui ressort d’un entretien avec Déhi Assamoi, éducatrice spécialisée et responsable du service de psychomotricité du centre Don Orione de Bonoua.
En effet, selon elle, les regards sur le handicap et particulièrement sur les enfants IMC ont positivement changé dans la mesure où, avant, les gens avaient honte de leurs enfants atteints de cette pathologie.
«On peut dire que nous sommes satisfaits car, au départ, ces enfants étaient cachés, enfermés dans les maisons à cause du regard des autres. Souvent, certains parents tuaient leurs enfants atteint de cette pathologie parce qu’on les traitait d’enfants serpents, génies… En plus, la plupart de ces enfants venaient généralement à un âge avancé or, à cet âge, on ne peut rien apporter à l’enfant. Aujourd’hui, nous constatons que les enfants viennent à bas âge à moins d’un an, ça veut dire que le message est passé. Plus tôt on commence la rééducation, mieux c’est bon pour l’enfant », a indiqué la thérapeute.
Pour elle, au-delà des séances d’autonomie par les spécialistes, le suivi à la maison est la phase la plus importante.
‘’Nous travaillons avec l’enfant dans un premier temps en faisant l’observation d’ensemble avec tous les thérapeutes en présence des parents et ensuite, l’enfant est confié à un thérapeute qui le prendra en charge tout le temps qu’il sera au centre. Progressivement, on permettra aux parents de participer à cette thérapie pour qu’à la maison, ils puissent continuer, c’est la chose la plus importante car, il faut qu’il y ait un suivi à domicile. Sinon, ça ne sert à rien de venir avec l’enfant au centre parce que les 30 séances ou 60 séances au maximum que l’enfant pratique ne sont pas suffisantes, car, c’est des thérapies que les enfants font à vie’’, a souligné la responsable du service de psychomotricité du centre Don Orione de Bonoua.
«Ces enfants, quand ils arrivent, on ouvre un dossier sur eux pour connaître leurs histoires. Il peut avoir plusieurs raisons à cet état de fait, on cherche à savoir ce qui s’est passé, si c’est à la suite d’un accouchement difficile ou à la suite d’une naissance prématurée ou d’une maladie, à la suite de cela, on ouvre le dossier de l’enfant, on échange avec les parents pour savoir comment l’enfant se comporte à la maison, qu’est-ce qu’ils font avec l’enfants et puis, nous ici, on leur explique qu’ici c’est pas des médicaments qu’on donne, c’est pas la piqure parce qu’en général en Afrique, quand on vient à l’hôpital, automatiquement on pense aux comprimés, piqures… Nous, c’est avec les jeux parce qu’un enfant qui joue apprend. Nous avons de nombreux jeux dans notre salle. On aide ces enfants-là à acquérir un maximum d’autonomie parce cette pathologie entraîne un retard dans le développement de l’enfant. A l’âge où l’enfant devrait s’assoir, faire les 4 pattes, marcher, l’enfant qui est atteint d’une infirmité motrice cérébrale (IMC) ne le fera pas s’il n’est pas aidé dans ce sens, le retard persiste et devient plus lourd. Si on l’aide à travers des jeux, on intéresse l’enfant à quelque chose et à travers cet intéressement, on amène l’enfant vers l’objet de son désir, l’enfant acquiert un maximum d’autonomie (savoir s’habiller, savoir manger dans la bonne posture, savoir avaler les aliments et la salive…), et c’est que nous recherchons», a-t-elle ajouté avant de lancer un appel à l’endroit de l’Etat pour que des structures soient créées afin d’accueillir ces enfants dans le but d’apprendre un métier pour leur insertion sociale.
GMK







