Côte d’Ivoire/Gustave Gbanhé (Responsable du complexe CREA): « Les enfants handicapés ont des compétences comme les autres enfants »

Centre d’éveil et de stimulation d’enfants handicapés qui s’occupe de la prise en charge de tout type d’enfant en situation de handicap (Déficients intellectuels c’est-à-dire la trisomie 21, les troubles envahissants du développement communément appelé autisme, la dysharmonie cognitive et autres déficiences légères, modérées ou lourdes, des handicapés moteurs, l’infirmité motrice cérébrale…) à l’exception des sourds-muets et des non-voyants, le complexe socio-éducatif ERB Aloïs (CREA), situé à yopougon toit-rouge derrière le commissariat du 19ème arrondissement est dirigé par Gustave Gbanhé.
En effet, ce centre qui accueille près de 70 enfants dispose de ressources nécessaires et spécialisées tant au plan matériel qu’humain, pour une prise en charge efficience des enfants vivant avec ces types de handicap.
»Le complexe socio-éducatif ERB Aloïs est une école spécialisée, elle ne fonctionne pas comme les écoles classiques parce qu’ici, les enfants sont regroupés selon leur handicap. Les programmes sont personnalisés, ce qui fait que des enfants peuvent être dans une même classe mais n’auront pas le même programme », a indiqué Gustave Gbanhé.
Pour lui, l’insertion de ces pensionnaires dans la vie active dépend du développement de chacun d’eux.
«Nous accueillons les enfants en situation de handicap qui ont entre 5 à 12 ans sur des critères biens définis. Ces enfants restent dans ce centre jusqu’à 18 ans parce que nous travaillons selon la convention relative aux droits de l’enfant qui stipule que: « l’enfant c’est l’être humain dont l’âge est inférieur à 18 ans ». Il arrive quelque fois que nous gardions certains enfants au delà de 18 ans parce que nous n’avons pas encore trouvé le mécanisme d’intégration car la finalité de la prise en charge des enfants ici, c’est leur intégration sociale. on a certains enfants qui sont passés par notre centre et qui ont réintégré l’école normale. Il y’a certains qui sont dans la domaine du sport. Nous avons aussi des champions olympiques qui sont allés dans le cadre des jeux spéciaux olympiques consacrés aux personnes handicapées, en Grèce, à Dubaï… Notre fierté, c’est que tous ces enfants sont revenus avec des médailles d’or »», a précisé le chargé de programme du centre.
Ajoutant qu’il faut que les préjugés vis-à-vis de ces enfants s’arrêtent et que l’on reconnaisse que l’enfant handicapé est un être humain comme tout autre donc, qui a droit à la vie, à l’éducation…
«Nous faisons des séances de sensibilisation au niveau de la communauté pour que les droits de ces enfants soient respectés et mis en application. Nous faisons des plaidoyers auprès de l’état pour que les droits de ces enfants soient respectés. Aujourd’hui, on parle d’éducation inclusive c’est-à-dire que l’enfant en situation de handicap fréquente la même école que l’enfant dit normal mais, pour que cette approche soit effective, il faut que les établissement soient aussi inclusifs, ce qui veut dire qu’il faudrait qu’ils aient des rampes, il faudrait que les toilettes soient adaptées, les corps enseignants et les éducateurs puissent faire en sorte que l’enfant soit en classe s’il arrive en fauteuil roulant», indique-t-il.
Aussi, « nous menons le paidoyer sur la loi de 1998 qui a été adoptée par l’assemblée nationale et jusqu’à aujourd’hui n’est pas encore mise en application par faute de décret d’application. Nous menons ces actions auprès des structures indiquées comme la Direction de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH) pour que ces textes soient effectifs au profit des enfants en situation de handicap car nous en tant que ONG, notre cible principale c’est les enfants ».
Satisfait des résultats du travail accompli par toute l’équipe du centre, Gustave Gbanhé a également mis sur la table les difficultés que le site rencontre.
« Nos difficultés sont majoritairement d’ordres économiques. Nous n’avons pas assez de moyens pour prendre en charge de nombreux enfants. Si nous n’avons pas de moyens financiers, le nombre de personnel spécialisé pour le suivi de ces enfants sera également réduit car nous ne pouvons pas les payer, cela entraîne aussi le manque de matériel pour constamment occuper les enfants. Nous lançons donc un appel à toutes les bonnes volontés de penser au centre d’éveil et de stimulation d’enfants handicapés de l’ONG Dignité et droits pour les enfants en Côte d’Ivoire pour la prise en charges des enfants », a affirmé Gustave Gbanhé.
Créé depuis depuis 1997, Le centre d’éveil et de stimulation d’enfants handicapés est un centre de l’ONG Dignité et droits pour les enfants en Côte d’Ivoire. Il intervient dans 5 domaines d’activité dont le domaine de la cognition (développement de la capacité intellectuelle), le domaine de autonomisation (l’enfant doit être autonome vis-à-vis de ses parents), le domaine de la communication (certains enfants ont des difficultés d’expression, c’est pour améliorer l’expression orale de l’enfant), le domaine de la socialisation (certains enfants ont des difficultés pour approcher les gens notamment les enfants autistes) et le domaine de la psychomotricité (les enfants IMC ont des difficultés d’appréhension donc, il faut leur permettre de mener des activités de motricité fine).
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