Côte d’Ivoire : L’A.N.A.S.O.C.I plaide pour la reconnaissance officielle de la langue des signes

La reconnaissance juridique de la langue des signes nationales en tant que langue officielle est essentielle pour l’inclusion des personnes sourdes dans la société, tel est l’objectif visé par l'Association nationale des sourds de Côte d'Ivoire (L’A.N.A.S.O.C.I).

En effet, réunis autour du thème : « Plaidoyer pour la reconnaissance du langage des signes en Côte d’Ivoire », les membres du bureau exécutif de l’A.N.A.S.O.C.I ont porté le mardi 29 décembre 2020, au Conseil national des droits de l’homme à Cocody les II-Plateaux, leur réflexion sur la promotion du langage des signes à travers une éducation de qualité pour tous.

C’était en présence des experts du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, du secrétariat en charge des droits de l’homme, du ministère de l’Emploi et de la Protection sociale, des acteurs et parties prenantes du monde du handicap.

Pour Ouattara Yegueleworo, président du conseil d’administration de l’A.N.A.S.O.C.I, cette rencontre vise à assurer la pleine participation des personnes sourdes dans leurs communautés et la réalisation de leurs droits humains.

Selon lui, pour que les personnes sourdes soient véritablement intégrées dans la société, il faudrait que la langue des signes soit enseignée comme matière dans le programme de l’éducation nationale et aussi, pour une meilleure éducation dans toutes les spécificités de la langue, il faut la formation des interprètes dans ladite langue.

‘’La question essentielle qui s’impose à nous depuis 2019 est de comment arriver à avoir un décret ou une loi qui reconnaisse officiellement la langue des signes. Nous voudrions donc qu’au sortir de cette salle, que chacun se fasse le porte-parole de l’A.N.A.S.O.C.I dans sa structure’’, a indiqué Mr Yéboua, directeur exécutif de cette association.

D’après Traha Sylvie, sous-directrice chargée de l’éducation pour tous au ministère de l’Education, le ministère de l’éducation est engagé dans l’éducation inclusive et la première responsable de ce département ne ménage aucun effort pour que tous les enfants bénéficient de la même qualité d’enseignement.

‘’Aujourd’hui, tout est fin prêt pour enseigner au cours de la rentrée scolaires le langage des signes et le braille aux élèves-maîtres dans deux Centres de formation pédagogique (Cafop)’’, a fait savoir la sous-directrice chargée de l’éducation pour tous au ministère de l’Education.

Quant à Mme Kouamé Assiata, magistrate et sous-directrice chargée de la protection au secrétariat d’État en charge des droits de l’homme, la mise en œuvre en termes juridiques de la reconnaissance du langage des signes est un préalable car, dans la Constitution, il existe des prédispositions qui parlent  d’égalité et de non-discrimination dans ces textes.

Créée le 27 juillet 1991, en assemblée générale constitutive par l’Amicale nationale des sourds de Côte d’Ivoire et l’Amicale des anciens élèves sourds, l’ANASOCI est membre ordinaire de la Fédération Mondiale des Sourds et vise à parvenir à la pleine citoyenneté ainsi qu’à l’égalité des chances pour les sourds vivant en Côte d’Ivoire.

GMK

 

 

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