Le digital représente pour les personnes en situation de handicap, quelque soit le handicap, une réelle opportunité pour leur intégration, aussi bien dans la vie quotidienne que professionnelle, sous réserve que leur accessibilité soit spécifiquement prise en compte. C’est pourquoi, l’ONG Action & Humanisme en partenariat avec PARADIGM INITIATIVE et CIPESA a organisé ce mercredi 30 septembre 2020, au foyer des jeunes de Yopougon, un atelier de formation sur l’accessibilité des personnes handicapées au digital en période de Covid-19 en Côte d’Ivoire.
Moments d’échanges et de partage d’expériences, cet atelier de formation qui a réuni plusieurs leaders d’organisations de personnes handicapées a permis de poser les difficultés d’accessibilité et d’en trouver quelques pistes de solutions pour permettre l’accessibilité de cette frange de la population au digital en période de Covid-19.
En effet, selon Ahouty Kouakou, président de l’Ong Action & Humanisme, cette rencontre amènera à travers des plaidoyers, les gouvernants et les entreprises à honorer les engagements pris au cours de la ratification de la convention des nations unies sur les personnes handicapées relativement au digital surtout en cette période de Covid-19.
‘’Selon les Nations Unies, l’accès à internet est un droit pour la population en général et les personnes handicapées en particulier. Cependant, force est de constater que ces droits sont ignorés par nos décideurs et ne sont pas connus par les personnes handicapées. Le projet va mettre en lumière les barrières qui rendent l’accès à internet difficile pour les personnes handicapées et les stratégies adoptées pour les surmonter’’, a-t-il signifié.
Pour Attey Bruno, président des étudiants handicapés physiques de Côte d’Ivoire et sécrétaire général de la fédération ivoirienne des sports paralympiques, l’accessibilité pour une personne handicapée est d’être capable d’utiliser les produits et services qui sont mis à la disposition de tous pour ne pas qu’il ait de différence entre personne handicapée et personne dite normale. D’après lui, pour répondre au thème, il faut se poser les questions de savoir si avant la pandémie à coronavirus, est-ce que les personnes handicapées avaient accès à internet? Est-ce que la Côte d’Ivoire donne des outils sur le plan juridique, politique aux personnes handicapées de revendiquer cette accessibilité?
Selon lui, l’accès à internet est difficile en Côte d’Ivoire pour les personnes handicapées pour des raisons de coût, de disponibilité de l’internet, de types de handicap, de manque d’informations et de sensibilisation et la Covid-19 est venue accentuer cette situation avec les mesures barrières.
»Les barrières concernant l’accessibilité des personnes handicapées au digital sont l’insuffisance de la mise en oeuvre de CDPH, l’absence de mesures fiscale (défiscalisation des outils informatiques), le manque d’information des personnes handicapées sur l’utilisation des metiers du digital et l’inacessibilité physique des lieux de rencontre avec le digital (cyber non accessible aux personnes handicapées) », a signifié Serge Monney, vice-président de l’IPADEMCI. Il a jouté qu’il faut former les personnes handicapées sur le digital.
D’après Camille Tanoh, président de l’ONPHACI, il faut que les enfants en situation de handicap sachent lire et écrire pour avoir accès à ces outils informatiques.
»Il faut que les programmes de société des gouvernants soient rédigés en fonction des personnes handicapées ce qui permettra leur véritable épanouissement et inclusion dans la société », a-t-il souhaité.
Quant à Loukou Josué, président de l’APCI, parler de digital, c’est faire reference à l’information et à la communication. Pour lui, l’accessibilité se définit comme l’expression d’une égalité des chances.
»Il faut former les personnes handicapées aux métiers du digital. Voyons l’opportunité qu’offre le digital aux personnes handicapées et amener l’état à s’y intéresser », a-t-il précisé.
Pour rappel, il est bon de noter que cette rencontre a permis de trouver certaines pistes pour faciliter l’accessibilité des personnes handicapées au digital. Nous avons entre autres: le financement accru des organisations et du gouvernement a la promotion du digital pour les personnes handicapées, le développement des politiques et des mesures visant a rendre l’outil informatique et l’Internet a la porté des bourses des personnes handicapées, la création des salles multimédias aux organisations de personnes handicapées dans les zones rurales pour leurs membres, la priorisation de l’éducation des enfants handicapés, l’implication et la consultation des personnes handicapées dans la mise en oeuvre des logiciels et applications, la synergie d’action entre les organisations de personnes handicapées pour mieux promouvoir les droits numériques.
GMK
