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Côte d’Ivoire : l’appel de la MUTSCI en faveur des personnes sourdes

Les personnes handicapées en général et les personnes sourdes en particulier rencontrent de nombreuses difficultés dans la société. Face à cette situation, la mutuelle des sourds de Côte d’Ivoire (MUTSCI) est montée au créneau lançant un appel aussi bien aux autorités qu’aux populations.

Dans un entretien accordé à Ivoirehandicaptv.net, Mory Cissé, président de la MUTSCI a indiqué que les personnes sourdes sont souvent victimes de marginalisation et veulent sortir de l’ombre.

«L’appel que nous lançons aux personnes susceptibles de nous aider, c’est de leur demander de tenir compte des personnes sourdes parce que celles-ci sont marginalisées. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la création de la mutuelle. Qu’on puisse les prendre en compte non seulement dans le domaine de l’éducation mais également sur le plan professionnel, et aussi sur le plan de la formation et de l’emploi. C’est pour cette raison que la mutuelle se bat parce que c’est cela le réel problème. Les personnes sourdes n’ont pas d’emplois dignes de ce nom. Il y en a qui finissent leur parcours scolaire mais à qui ça ne sert pas. Dans la mesure où ils ne peuvent pas espérer être dans l’administration comme les personnes dites normales», a-t-il soutenu.

Pour lui, il est important que l’Etat puisse revoir à la hausse le nombre de personnes en situation de handicap pris en compte par le recrutement dérogatoire.

«C’est vrai qu’il y a le recrutement dérogatoire des personnes handicapées chaque année mais le nombre de places consacrées aux personnes sourdes est insuffisant vu la grande demande. Il faudrait que l’Etat puisse augmenter le nombre », a-t-il souhaité.

Selon M. Diomandé, fonctionnaire, membre de la MUTSCI, l’autre problème auquel la communauté des personnes sourdes est confrontée c’est la formation. A l’en croire, «la formation à l’école des sourds s’arrête au niveau du CEPE, il n’y a pas de collège. Après donc leur cursus, ils sont livrés à eux-mêmes, ils sont obligés de s’adonner à des petits métiers tels que la couture, la coiffure pour pouvoir évoluer». Abondant dans ce sens, le président de la MUTSCI est revenu sur les difficultés rencontrées par les élèves sourds.

«Quand les élèves sourds veulent aller au collège, on les met dans les mêmes classes que les personnes dites normales. Le souci à ce niveau, c’est qu’il n’y a pas d’interprètes en langue des signes dans les classes. Ils sont en classe sans comprendre les cours et des fois, ils sont obligés d’abandonner les cours», a-t-il déploré ajoutant que l’école inclusive n’existe que de nom.

Concernant cette question, M. Cissé dit avoir même contacté plusieurs ministères mais il n’y a pas encore de suite.

«La demande est faite pour que l’école soit réellement inclusive mais il n’y a pas encore de retombées à ce niveau. Le projet a été envoyé aux différents ministères mais jusque-là il n’y a pas de retour. En fait, le plus gros travail c’est de changer le regard qu’il y a envers les personnes handicapées. Si les personnes dites normales ont droit à une bonne formation, il faudrait que ce soit le cas pour les personnes sourdes. Et si on veut que cette formation soit vraiment inclusive, il faudrait qu’on puisse former des interprètes », a indiqué Mory Cissé.

Et de faire des doléances : « Nous demandons aux autorités de prendre en compte toutes les demandes qui sont faites en faveur des personnes handicapées en général et des personnes sourdes en particulier. Certes, il y a des dons qui sont faits mais ce que ces personnes souhaitent c’est que des actions concrètes soient menées pour changer leurs conditions de vie. Telles que la création de collèges spécialisés pour les personnes sourdes, la création d’écoles de formation pratique pour les personnes sourdes qui ont un potentiel et qui voudraient l’améliorer pour être opérationnels dans la société. En fait, Il faut agir pour les personnes sourdes ».

La MUTSCI, faut-il le noter, a été créée en 2019. Selon son président, c’est pour faire face aux difficultés que rencontre la communauté des personnes sourdes dans la société. Il a indiqué que cette mutuelle est née «dans l’optique de créer une solidarité entre les personnes sourdes en leur permettant de mettre ensemble leurs fonds afin de s’assister en cas de besoin ».

NOMA MIZ

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