Côte d’Ivoire : les difficiles conditions d’accès aux soins pour les personnes âgées
La société ivoirienne se dirige doucement mais sûrement vers une logique de vieillissement de la population. Selon le recensement de 2018, il y a 1 200 000 personnes âgées en Côte d’Ivoire, soit 4,4% de la population. Malheureusement, les conditions de vie des seniors ivoiriens laissent encore fortement à désirer.

La constitution ivoirienne à son article 32 stipule que « l’Etat s’engage à garantir les besoins spécifiques des personnes vulnérables. Il prend les mesures nécessaires pour prévenir la vulnérabilité des enfants, des femmes, des mères, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Il s’engage à garantir l’accès des personnes vulnérables aux services de santé, à l’éducation, à l’emploi et à la culture, aux sports et aux loisirs ». Si du coté des enfants, des femmes et des personnes en situation de handicap on assiste à des actions en leur faveur, le cas des de personnes âgées reste encore à voir. Surtout en matière de politique de santé pour les personnes du 3ème âge. «Il n’y a pas de politique sociale de la part du gouvernement pour les personnes du 3ème âge. Nous constituons un peu comme la quantité négligeable », regrette le député KOUASSI Koffi Mathurin, président de la Fédération des Associations des Fonctionnaires et Agents de l’Etat à la Retraite (FARE-CI).

Ce constat du président de la FARE-CI est en réalité une évidence dans la société ivoirienne. Les enfants ont pour eux les pédiatres, qu’on trouve dans toutes les structures sanitaires du pays. Pour les femmes, particulièrement les femmes enceinte, il y a les gynécologues qu’ont trouve aussi partout. Pour les personnes âgées, on parle des médecins gériatres. Combien en trouve-t-on en Côte d’Ivoire ? « On nous a dit qu’en Côte d’Ivoire, il y a cinq ou six médecins gériatre. Mais où se trouvent-ils ? Récemment on nous a dit que ces médecins se trouveraient à l’hôpital d’Angré. Autant il n’y a pas de médecins gériatres, autant la médecine gériatrique n’existe pas en Côte d’Ivoire », révèle le président de la FERA-CI. En 2015, il y a eu la création d’une Couverture maladie universelle, partant d’un constat du Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan : « Moins de 5% de la population bénéficie de la protection sociale contre le risque maladie » ; les coûts importants des soins médicaux représentent ainsi une véritable barrière pour la grande majorité de la population ivoirienne.

Ce nouveau système de sécurité sociale permet aux assurés d’accéder, contre une cotisation équivalente à mille (1000) FCFA par mois, à une prise en charge de 70 ou 80 % du coût des prestations médicales. « Quand on conceptualisait la CMU aucun fonctionnaire à la retraite n’a été consulté. Aujourd’hui nous sommes un peu comme des victimes. Car tout ce que la CMU prend comme médicament, ne concerne même pas les personnes du 3ème âge. Elles ont le plupart des maladies caractérielles comme l’hypertension, le Diabète. Toutes ces maladies endémiques qui fragilisent les personnes du 3ème âge. Aucun médicament prise en compte par la CMU ne concerne les personnes du 3ème âge parce que nous avons des maladies endémiques. On fait quoi dans ce cas ? Surtout qu’on nous prélève », s’interroge le député Kouassi Koffi Mathurin. Selon les informations en notre possession, un terrain avait été trouvé sur la route de Dadou, banlieue proche d’Abidjan, pour la construction d’un hôpital gériatrique. Malheureusement cet espace s’est noyé dans un programme immobilier.

L’accès aux soins pour les personnes du 3ème âge en Côte d’Ivoire reste un véritable casse-tête pour les séniors. Le Ministère de la Santé et de l’hygiène publique aurait pu initier un département de Gériatrie qui serait responsable d’une variété d’aspects médicaux liés aux personnes âgées. Ce département devait avoir un certain nombre de missions dont la mise en place d’un planning et l’établissement d’une politique concernant les services fournis aux personnes âgées dans le pays. A cela il faut ajouter la promotion de la santé et de la santé préventive aux personnes âgées, la rééducation, l’’établissement de normes de traitement des personnes âgées dans différents cadres, le contrôle de la qualité des soins dans les caisses d’assurance maladie, les hôpitaux généraux, et les diverses institutions gériatriques. En cette mission devait s’étendre à l’information et les explications prodiguées aux sujets ayant une importance pour la santé des personnes âgées. Malheureusement, tout cela reste une vue de l’esprit. Pendant ce temps c’est l’état de santé des personnes du 3ème âge qui reste préoccupant.
GMK







