Côte d’Ivoire/ Loukou Josué (Pdt APCI) : ‘’Il n’y a pas de politique sociale en faveur des personnes handicapées’’

Loukou Josué Kouamé, président de l’association des paralysés de Côte d’Ivoire (APCI) et secrétaire des greffes et parquets au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a signifié au cours d’un entretien, ‘’qu’il n’existe pas de véritable politique sociale en faveur des personnes en situation de handicap en Côte d’Ivoire’’.
Pour lui, il y a tout un processus qu’il faut remplir pour parler de politique sociale. En effet, selon le président Loukou Josué, à la base, il faut d’abord que l’Etat ivoirien adopte ou définisse un système de protection sociale qui pourrait avantager les personnes handicapées, de sorte que sur la base de ce système, on puisse identifier les acteurs qui pourraient intervenir dans la question du handicap.
‘’ Je prends en exemple l’organisation des personnes handicapées du Québec. Dans ce pays, les organisations des personnes handicapées ont le soutien de l’Etat pour diriger, les personnes handicapées font des propositions à l’état pour leur bien-être. Quand tu prends la France, l’Etat français lui-même prend en charge les personnes en situation de handicap et se fait accompagner par celles-ci. En d’autres termes, il y a une politique de collaboration’’, a fait remarquer le président de l’APCI.
Selon lui, que tout le monde ne se lève pas pour parler du handicap, quand ça l’enchante.
‘’Quand quelqu’un va quelque part et qu’il a eu quelques fauteuils roulants pour venir maintenant s’approprier, s’afficher comme père du handicap, nous pensons que les choses ne sont pas bien coordonnées. Il faut qu’à partir de la définition du système, on puisse savoir quelle institution mettre en place pour conduire et coordonner toutes les actions de bien-être, de suivi des personnes handicapées. Ici, actuellement au pays, ce qui se fait, c’est des choses qui sont liées à la volonté personnelle et des dirigeants ainsi que de certains chefs d’institutions’’, s’est voulu très clair le secrétaire des greffes et parquets.
S’agissant de la question de l’éducation inclusive, Loukou Josué a estimé que l’éducation des personnes en situation de handicap reste encore problématique pour les concernés eux-mêmes.
En effet, d’après lui, la question de l’égalité des chances concernant la personne handicapée n’est pas encore bien perçue et bien mise en application mais, il faut saluer la notion d’école inclusive.
‘’Aujourd’hui, on entend parler d’école inclusive, c’est des choses qu’on ne connaissait pas. Pour ma part, je pense que c’est salutaire, c’est des initiatives à saluer plutôt qu’a incriminer, à encourager plutôt qu’à bouder. On entend dire que à Abobo -Belleville , il y a une école qui a été créée par une personne handicapée qui permet aux enfants dits valides et sourds de se frotter pour apprendre le langage gestuel .Quand bien même étant valides, ces enfants apprennent la langue des signes . Il est possible de renforcer l’inclusion durant la formation des éducateurs, des professeurs à l’ENS, au CAFOP pour qu’au terme de leur formation, ils puissent faire usage du langage gestuel. Que l’Etat prenne les dispositions pour les malvoyants également, le matériel didactique nécessaire dans les écoles’’, a-t-il conclut.
Bamba Baba







