Côte d’Ivoire : Loukou Josué (président de l’APCI) candidat à la présidentielle d’octobre se dévoile

Loukou Josué Kouamé est président de l’association des paralysés de Côte d’Ivoire (APCI) et secrétaire des greffes et parquets au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. Il est candidat à la présidentielle d’octobre prochain. Dans une interview accordé à Ivoirehandicaptv.net, il souhaite une répartition équitable des ressources du pays, dans de bonnes conditions de paix afin que chaque citoyen puisse se sentir chez lui.

Ivoirehandicaptv.net : Qu’est-ce qui motive votre candidature à la magistrature suprême ?

Loukou Josué Kouamé : Nous sommes citoyen ivoirien et tout citoyen envisage voir sa patrie dans de bonnes conditions de paix, avoir une répartition équitable des ressources de sorte que chacun puisse se sentir chez lui. C’est dans ce sens que nous envisageons proposer à nos concitoyens les valeurs que nous avons, notre savoir afin que nous puissions ensemble gérer ce pays que nous a légué le père fondateur Félix Houphouët-Boigny et aller au bout des projets qu’il a lui-même prédéfini. Nous avons donc le courage de conduire et d’accompagner ce rêve. C’est pourquoi, ensemble avec des amis, nous avons résolu de nous porter dans la course au fauteuil présidentiel au titre de l’année 2020.

Qu’est-ce que vous proposez aux Ivoiriens ?

LJK : Nous n’attendons pas d’être élu pour réserver quelque chose aux Ivoiriens car, nous avons quelque chose à proposer aux Ivoiriens et nous invitons tous les prétendants à ce fauteuil à présenter aux Ivoiriens des choses nouvelles. La Côte d’Ivoire doit être repensée sur le plan de la réglementation. Aujourd’hui en 2020, on a des lois qui datent de longtemps. Nous trouvons que cela est inadmissible. La Côte d’Ivoire doit réviser les accords internationaux, les accords bilatéraux et tout ce qui la lie même au pays colonisateur. Son excellence Félix Houphouët-Boigny, en jetant les germes d’aujourd’hui, a promis qu’il va arriver une époque où ses enfants, ses petits-enfants se battront pour avoir l’indépendance économique. C’est pour cela qu’il n’a pas fait usage du pétrole, des minerais dont il savait l’existence dans le sous-sol ivoirien. Il pouvait abusivement les exploiter mais, il a pensé à l’avenir. Quand nous parlons de la réglementation à réviser ou à amender, toute cette réglementation va parfaire la bonne gestion des ressources économiques de sorte que les infrastructures sociales de base pourront être renouvelées. Chaque Ivoirien va se rendre compte que les groupes majeurs ont besoin d’orientation en termes d’éducation, de formation, d’encouragement à entrepreneuriat. Nous n’allons pas inviter les Ivoiriens à s’orienter vers la fonction publique uniquement. Nous venons motiver et donner l’orientation à l’Ivoirien d’aujourd’hui pour qu’il soit autonome par l’usage ou la mise à sa disposition de la bonne répartition de ces ressources lorsque la réglementation sera effective. Aujourd’hui, on dit l’administration ivoirienne est lente, mais, elle ne peut être lente puisqu’elle est tenue que par un seul chef et quand le chef n’est pas là, tout est bloqué. On doit repenser l’administration.

Quelle politique sociale relative aux personnes en situation de handicap et du 3ème âge mettrez-vous en place si vous êtes élu ?

LJK : Nous leur donnons l’assurance que quand nous serons aux affaires, nous définirons un système institutionnel de prise en charge des personnes handicapées. Ce système va faire appel à des experts en la matière et va enclencher la conception d’une véritable politique nationale du handicap. C’est un projet de développement sur du long terme qui va tracer les sillons jusqu’après nous de ce qui doit être fait pour les personnes handicapées. En clair, à partir de cette politique, les personnes handicapées et leurs familles devront se faire connaitre et n’auront pas besoin de se déplacer à des kilomètres pour le faire. La mise en application du système va envoyer vers les familles, les experts en la matière et partant de là, le droit à l’éducation sera une obligation. Nous formerons des spécialistes et ces spécialistes ne viendront pas que d’un seul domaine c’est-à-dire du monde du handicap. On en aura dans la communication, dans l’éducation, dans le sanitaire, dans l’employabilité et sur le plan économique… Quand on parle de handicap, c’est un monde exclusif et nous n’allons pas le faire comme ça. On aura une politique d’inclusion. Inclusion pour ceux qui ont besoin de se développer en se frottant à ceux dit normaux. Il faut donc donner les outils nécessaires et c’est en cela que les travailleurs sociaux vont intervenir. La langue des signes va être vulgarisée, à la limite, chaque Ivoirien devrait être capable d’utiliser cette langue. Il faut que nos enseignants formés aient déjà ces outils de base pour travailler. Donc, on ne formera pas un enseignant pour aller à son tour former uniquement les malentendants ou les aveugles… L’enseignant sera outillé à former tout le monde dans une même classe (Sourd, aveugle, handicapé moteur…). L’éducation et la formation seront inclusives. Pour le 3è âge, ce sera plutôt la prise en charge sanitaire car, nous avons des valeurs à conserver. Nous ne ferons pas comme en Europe où les personnes du 3è âge sont exclues. Nous allons engager les étudiants formés dans le système sanitaire à s’orienter vers la prise en charge des personnes âgées et handicapées. Avec nous, aucune couche majeure ne sera reléguée au second plan. Nous aurons une représentativité de toutes ces couches majeures dans nos différentes institutions de sorte que là où une décision se prend, ces couches-là aient leur mot à dire.

Que voulez-vous que les Ivoiriens retiennent de cette candidature ?

LJK : Nous souhaitons que cette candidature soit accueillie comme la valeur du droit de l’homme. Le droit de l’homme se définit à travers nous. Nous n’allons pas nous exposer forcément mais, quand nous disons ce que nous étions après que nous soyons né valide et que nous soyons frappé par la maladie, n’eut été la gratuité à l’époque des soins dans les hôpitaux du temps d’Houphouët-Boigny, nous ne serions pas là. Parce que s’il fallait payer, nos parents n’auraient pas eu cet argent. Il faut que le citoyen ivoirien comprenne qu’il est né pour être utile à sa nation et quand on est né pour être utile pour sa nation, cela se base sur le droit de l’homme. L’avenir du pays repose sur l’amour, la solidarité, les valeurs de paix et de cohésion. C’est ce que nous allons prôner par une distribution égalitaire des ressources du pays.

Quel appel pouvez-vous lancer ?

LJK : Nous invitons les personnes handicapées et du 3è âge à sortir massivement pour jouir de leur droit citoyen qui est le vote. Nous devons amener les Ivoiriens à ne plus accepter que des gens viennent prendre les richesses de ce pays et devenir plus forts. Avec nous, chacun sera fort à son niveau. C’est pourquoi, j’invite chaque Ivoirien à s’éveiller et à éveiller la conscience de son voisin pour ne pas qu’on fasse l’erreur de mettre encore notre nation aux mains de ceux qui sont déjà rassasiés, de ceux qui n’ont jamais vécu de peine, qui ne connaissent même pas un campement… Nous avons le devoir de rendre à notre nation ce qu’elle nous a donné. Voyez cette candidature comme un don de soi, comme la restitution de ce que la nation nous a donné, nous voulons mettre à la base de la vie de la nation le droit de l’homme.

Entretien réalisé par Guy Martial KOUASSI

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