Côte d’Ivoire/Marie donatienne (Pdte de l’Association Imagine le Monde): « Le handicap fait peur parce qu’on ne le connaît pas très bien »

Marie donatienne El khalil, présidente-fondatrice de l’Association Imagine le Monde (AIM), une association basée à Port-Bouët gonzagueville qui a pour cibles les enfants en situation de handicap, les enfants et les jeunes de 10 à 20 ans, les femmes et les populations vulnérables du quartier de Gonzagueville s’est confiée à www.ivoirehandicaptv.net
Pourquoi le Handicap?
On s’est aperçu que beaucoup d’enfants étaient exclus de fait parce que les parents n’avaient pas de possibilités d’accueil en journée, parce que y’a cas même le handicap fait peur, parce qu’on ne le connait pas très bien. Les enfants sont parfois cachés dans les cours, parfois y’a aussi de la maltraitance et tous ça nous a beaucoup interpellé et on s’est dit pourquoi nous en tant qu’acteur de l’éducation, on mettrait pas en place quelque chose pour ces enfants. C’est comme ça qu’on a construit une école avec l’aide d’une association française qui s’appelle »Coup de Pousse Humanitaire ». On a construit une école où on accueille 16 enfants en situation de handicap qui sont en partie du milieu défavorisé, grâce à des parrainages, on peut prendre en charge les frais de scolarité, ce sont des enfants qui ont des troubles du spectre autistique, qui sont parfois d’une trisomie 21, on a des enfants IMC (infirmité moteur cérébrale), des enfants sourds…
Comment se passe la prise en charge de ces enfants?
Ces enfants viennent à l’école le matin comme tous les autres enfants, ils terminent à 16h, ils ont une cour de récréation, pour certains des devoirs, ils ont des activités sportives. Pour les enfants qui ont des troubles un peu plus lourd, c’est plus de l’éveil de la stimulation à la psychomotricité. C’est en fait, favoriser l’inclusion, l’intégration, ouvrir les yeux à l’entourage. Notre petite école est au sein du siège et le siège est fréquenté par près de 800 enfants du quartier qui sont bien portants. Le fait que les enfants dits normaux côtoient en continue des enfants qui sont porteur de handicap surtout que ceux-ci ont parfois des comportements qui interpellent, on se dit que ces jeunes là qui sont dits bien portant auront une sensibilité, une ouverture et qui ils n’auront pas peur de cette différence. Toutes les fêtes de L’ONG, les enfants des classes spécialisées y participent particulièrement à l’organisation, à l’animation. On veut vraiment l’inclusion à tous les niveaux et on veux aussi permettre à ces jeunes d’avoir accès à l’éducation ce qui n’est pas forcément une éducation spécialisée, ce qui n’est pas aussi très facile pour eux et pour leur famille.
Comment intégrer le centre?
Il suffit simplement de nous contacter, il y a une évaluation de la part de l’équipe éducative pour voir si l’enfant porteur de handicap peut intégrer l’école, si elle a la capacité de prendre en charge l’enfant, on est assez humble par rapport à ce qu’on peut faire, on peut pas prendre tous les handicaps. Pour les enfants dits normaux, ils peuvent venir dans le centre. On n’est pas une école, nous sommes un centre de loisirs, un centre de lecture et d’animation culturelle avec des activités ludiques éducatives. Les enfants viennent les mercredis après midi, on a aussi des étudiants qui utilisent L’ONG pour faire leur cours de renforcement, ils investissent le lieu. On travaille par contre avec 44 établissements puisqu’on scolarise des enfants bien portants dans les écoles et d’ailleurs dans notre programme de parrainage, on a 3 enfants porteur de handicap qui sont intégrés et inscrits dans les établissements scolaires d’enseignement général.
Entretien réalisé par Guy Martial KOUASSI







