Côte d’Ivoire/Ouédraogo Amidou, non-voyant artisan : »J’ai vaincu le handicap des yeux, il me reste le handicap financier »

Avec son handicap au niveau des yeux, Ouédraogo Amidou, 38 ans revolus et père de 4 enfants est artisan de profession dans la ville de Tiassalé (Région de l’Agneby-Tiassa située au nord d’Abidjan).
»Artiste de renom » dans cette ville cosmopolite, Ouédraogo Amidou est l’objet de curiosité de la part de tous ceux qui passent devant son atelier situé en face du quartier PTT de Tiassalé précisément au dos du mûr de la mission Catholique de la dite ville.
Victime d’une rougeole à l’âge de 7 ans, en classe de Cp1, qui a eu un impact négatif sur sa vue, Ouédraogo Amidou sera conduit au Ghana pour avoir des soins plus approfondis. Une fois dans ce pays, il sera diagnostiqué non-voyant par les médecins qui avaient découvert la présence de glaucome (maladie de l’œil qui entraîne un dommage ou l’atrophie du nerf optique et une perte du champ visuel) et que la rougeole l’avait activé.
Ainsi, le séjour pour traitement des yeux se transformera en apprentissage d’un métier spécialité tissage quelques années plus tard. Ouédraogo Amidou sera donc admis et formé dans un centre spécialisé pour les non-voyants à Accra. Après plus de 20 ans dans le métier, il est aujourd’hui formateur et compte à son actif plus de 20 personnes formées à travers plusieurs pays de la sous-région et qui exercent pleinement.
Accueillant et enthousiaste dans son atelier, Amidou a toujours la mine souriante malgré les difficultés qu’il rencontre.
»Aujourd’hui, j’ai vaincu le handicap des yeux, il me reste le handicap financier », à-t-il estimé en espérant avoir un coup de pousse pour véritablement professionnaliser son activité.
»Ce métier nourrit son homme, nos productions sont facilement commercialisables. Nous avons besoin d’être soutenu en ayant beaucoup de matériels comme le fer, les outils de tissage dont le fil en nylon », a déclaré Amidou.
»Nous fabriquons des meubles entre autres des lits picots, des fauteuils, des tables à manger, des paniers, des sacs à main… », a-t-il indiqué avant de préciser que »perdre la vue, n’est pas perdre la vie ».
Invitant la jeunesse à se mettre au travail, Ouédraogo Amidou souhaite que les gouvernants aident les non-voyants qui ont un métier à s’en sortir, en leur donnant les moyens qu’il faut pour s’exprimer, afin de ne pas retomber dans la mendicité.
Aussi, se dit-il donc disponible pour former ces jeunes frères en situation de handicap afin de leur donner une autonomie financière et l’espoir.
Pour cela, il sollicite également l’aide des autorités pour être installé dans de meilleures conditions de travail car, son atelier est en matériaux peu convenable (planches).
Créer un véritable centre artisanal pour non-voyant est enfin le vœu qui tient à cœur à Ouédraogo Amidou qui, selon lui, pourra significativement réduire la mendicité des personnes non-voyantes dans les rues.
DSM







