Côte d’Ivoire / Paralysie cérébrale : la Page blanche ouvre une lucarne sur ce type de handicap
Dr Anne-Marie Niacadié, présidente de l’Areea/la Page Blanche, un centre médico-pédagogique qui s’occupe de la prise en charge de l’enfant en situation de handicap intellectuel (Trisomie 21, autisme, l’infirmité motrice cérébrale...), a plaidé vendredi dernier pour la création d’écoles dans les différentes communes d’Abidjan pour les enfants en situation de handicap intellectuel.
”C’est un handicap qui est peu connu et lourd financièrement, émotionnellement et physiquement aussi bien pour les parents et même pour les encadreurs. Il y a 30 ans en arrière, il n’y avait qu’une seule structure qui accueillait nos enfants atteints de handicap intellectuel à Abidjan. Dans chaque commune, il y a au moins une école ordinaire donc, il devait aussi y avoir dans les différentes communes une école pour nos enfants en situation de handicap intellectuel…”, a fait savoir Dr Anne-Marie Niacadié en marge d’une « journée» organisée pour les enfants atteints de ce type de handicap.
Poursuivant, elle a indiqué que son établissement vit de dons.
”Nous étions obligés de créer la page blanche parce qu’on a voulu ce qui a de bon pour nos enfants. Et je pense que tout parent veut ce qui a de bon pour son enfant. On a dit a certaines mamans que leurs enfants sont des enfants serpents ou des enfants génies et qu’il fallait qu’elles les accompagnent. Mais c’est faux tout ça. Je tiens à féliciter tous les parents qui ont des enfants en situation de handicap intellectuel qui ont compris qu’il fallait mettre leurs enfants à l’école », a ajouté la présidente de cet établissement.
Pour sa part, l’adjointe au maire de Bingerville Mme Sanogo, représentante du premier magistrat de cette commune a appelé à la solidarité des uns et des autres envers tous les enfants et particulièrement ceux en situation de handicap intellectuel.
”Nous sommes très heureux d’accueillir la page blanche dans la commune de Bingerville. J’ai pour habitude de dire que nous savons ce que nous avons été hier, nous savons ce que nous sommes aujourd’hui mais, le futur appartient à Dieu. Et au nom de ce futur, nous devons voir en notre prochain notre semblable. Nous devons voir en notre prochain notre moi parce que nul ne sait l’avenir. Vous pouvez tout posséder aujourd’hui et le tout puissant peut décider en une fraction de seconde et vous allez tout perdre ce que vous n’avez jamais pensé”, a indiqué Mme Sanogo.
« Aimons-nous et Dieu nous grandira. Que ces enfants sachent qu’ils ne sont pas seuls», a assuré Mme Sanogo.
Pour Touré Bema, directeur dudit centre, la page blanche travaille beaucoup à l’autonomie de ses enfants dans la mesure du possible, du raisonnable.
”La page blanche parmi tous les centres est le centre qui a eu le courage grâce aux parents qui ont initié ce projet d’accueillir ce type de handicap en premier. Et quand je dis courage, je mesure bien mes mots. Parmi les différents handicaps que nous avons, la paralysie cérébrale est apparemment le handicap le plus lourd à porter et aussi le handicap le moins connu et surtout très mal connu. Ici, à la page blanche, les initiateurs, le bureau actuel conduit par la présidente a toujours cherché tous les moyens pour le bien-être de ces pensionnaires. Aujourd’hui, nous travaillons beaucoup à l’autonomie de nos enfants dans la mesure du possible, du raisonnable mais, s’il y a une chose sur laquelle nous n’avons aucun doute ou le possible n’a pas de limite c’est l’épanouissement de nos enfants…”, a indiqué Touré Bema, directeur de la page blanche.
Créée depuis 1991 par l’association pour la réinsertion des enfants par une éducation adaptée (AREEA), la page blanche dénommée complexe médico psychopédagogique Henriette Konan Bédié a le souci de développer chez chaque individu handicapé intellectuel et/ou psychomoteur son autonomie optimale en créant les conditions propices à sa réinsertion sociale et professionnelle. Cette cérémonie, faut-il le noter, a également été l’occasion pour le village de l’alliance interethnique de Côte d’Ivoire de faire un don en vivres et non-vivres à la page blanche. Aussi, une conférence pour comprendre ce handicap a été développée pour instruire l’opinion.
GMK












