Sensibilisation au handicap

Côte d’Ivoire / Reconnaissance officielle de la langue des signes : les personnes sourdes interpellent les autorités

La langue des signes est une condition préalable, essentielle, pour assurer la pleine participation des personnes sourdes dans leurs communautés et pour assurer la pleine réalisation de leurs droits humains. C’est ce qui ressort de cette journée de commémoration de la semaine internationale des Sourds, organisée ce vendredi 24 septembre, à l’Auditorium de la Bibliothèque Nationale d’Abidjan-Plateau.

Les activités marquant la célébration de la Semaine internationale des sourds et la Journée internationale des langues des signes en Côte d’Ivoire a débuté, le vendredi 24 septembre 2021, autour du thème « célébrer des communautés de personnes sourdes prospères ».

Une occasion saisie par l’Association nationale des sourds de Côte d’Ivoire (ANASOCI) pour sensibiliser et renforcer le statut des langues des signes pour les personnes sourdes.

Le président du Conseil d’administration de l’ANASOCI, Ouattara Yegueleworo a indiqué que la prise en compte des droits humains des personnes sourdes passe par la vulgarisation de la langue des signes.

« La reconnaissance juridique des langues des signes nationales en tant que langues officielles est essentielle pour l’inclusion des personnes sourdes dans leurs sociétés. Cette reconnaissance juridique contribuera, sans nul doute, à la mise en œuvre et à la réalisation des droits énoncés dans la Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) et dans l’Agenda 2030 des Objectifs du Développement Durable, faisant des devises « RIEN POUR NOUS SANS NOUS », « NE LAISSEZ PERSONNE DERRIÈRE VOUS » une réalité », a affirmé Yegueleworo Ouattara sensibilisant par la même occasion les pouvoirs publics.

« Aussi importe-il que les gouvernements soutiennent l’acquisition précoce de la langue des signes en offrant une éducation bilingue inclusive et de qualité. En outre, les gouvernements doivent fournir et financer des interprètes professionnels et formés en langues des signes pour permettre la participation des personnes sourdes à la société », a-t-il ajouté.

Pour Irène Vieira, Juriste et membre des femmes juristes de Côte d’Ivoire (FJCI), les dispositions législatives qui affirment être pour l’égalité des chances des personnes handicapées aux services sociaux, à l’éducation… existent mais, beaucoup reste à faire.

‘’La communauté des personnes sourdes reste en marge du bénéfice de ses droits. Une chose est de légiférer relativement aux personnes handicapées en général mais, la loi est toujours impersonnelle. Il faut donc élaborer des textes spécifiques qui prennent en comptent les besoins réels de chaque type de handicap’’, a-t-elle fait savoir.

D’après Dr Tanoh Angoua, la langue des signes est une langue comme toutes les autres langues.

‘’Il faut repenser l’éducation pour que les personnes sourdes aient tous les moyens pour compétir comme toutes les autres personnes. Il faut leur donner toutes les chances qu’il faut et éviter d’avoir pitié d’elles’’, a indiqué Dr Tanoh Angoua, Enseignant-chercheur de langue à l’université Félix Houphouët Boigny de Cocody.

Quant à Mr Grah Maurice, représentant le Directeur de la Direction de la promotion des personnes handicapées (DPPH), cette rencontre a été l’occasion de faire un point sur la situation des personnes sourdes dans la société.

‘’Aujourd’hui, tout ce qu’on a entendu, tout ce qu’on a vu, nous a édifié. Il y a eu des appréhensions, des préoccupations et des recommandations qui ont été faites. Nous pensons que la problématique qui est adressée est l’accessibilité à l’information des personnes sourdes. C’est cette communication qui pourra leur permettre de vivre de façon inclusive dans la société. Nous avons donc pris bonne note de toutes ces recommandations pour leur application probable’’, a souligné Grah Maurice, représentant du DPPH.

Créée le 27 juillet 1991, en assemblée générale constitutive par l’Amicale nationale des sourds de Côte d’Ivoire et l’Amicale des anciens élèves sourds, l’ANASOCI est membre ordinaire de la Fédération Mondiale des Sourds et vise à parvenir à la pleine citoyenneté ainsi qu’à l’égalité des chances pour les sourds vivant en Côte d’Ivoire. Cette rencontre a également été l’occasion de célébrer les 30 ans de l’organisation.

GMK

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Guy Martial Kouassi

Guy Martial Kouassi, Journaliste Web à Ivoirehandicaptv.net depuis 2019. Auparavant, j'ai exercé ce métier tout d'abord sur le site internet www.lebabi.net dans les rubriques Faits divers et High Tech en 2013, ensuite dans le journal papier ''La Synthèse'' au service culture et en ligne www.lasynthèse.net en 2017
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