Côte d’Ivoire: Voici le témoignage d’une mère abandonnée par le père de sa fille handicapée

Madame Djessan, une jeune dame qui gagne sa vie en travaillant dans les cliniques privées d’Abidjan raconte ses luttes quotidiennes avec sa fille Amani Botto Merveille, qui est handicapée. Mère de trois enfants dont Amani Botto Merveille est la dernière, sa vie n’est pas aussi simple que l’on pourrait l’imaginer.
Abandonnée par le père de ses enfants, elle ne se laisse pas abattre par le handicap de sa fille Merveille. Une bataille qu’elle livre chaque jour.
Dès la naissance de sa fille, Madame Djessan a vu que quelque chose n’allait pas avec son bébé car, selon elle, jusqu’à un an, sa fille ne marchait toujours pas et sa croissance n’était pas assez normale.
‘’J’attendais toujours que mes enfants marchent pour les sevrer. Mon premier enfant à marcher à 9 mois, le second à 11 mois mais elle dans son cas à 1 ans, elle ne marchais pas et la croissance n’est pas également ça. Je partais donc à l’hôpital pour comprendre cette situation’’, a-t-elle affirmé.
Voyant la situation perdurer, les parents paternels de Merveille sont venus la récupérer pour résoudre ce problème le rapidement possible car, ils se disaient qu’elle souffrait d’un mal appelé ‘’bosse’’, une difformité causée par une déviation de la colonne vertébrale ou une saillie anormale de la cage thoracique.
‘’6 mois après avoir pris Merveille, ses parents paternels m’appelle pour me dire que ma fille est un enfant serpent et ce genre d’enfant fatigue beaucoup les parents et après, il s’en ira. Donc, si je pourrais vraiment accepter qu’on l’accompagne, ce sera l’idéal. Ils m’ont expliqué ce que c’était accompagner un enfant, c’était vraiment ahurissant. Je leur ai dit que moi je suis de l’ouest, eux ils sont du sud, comme vous venez de me donner l’information, je vais me retirer d’abord parce que les gens ont vu l’enfant avec moi et du jour au lendemain les gens me demanderont après elle’’, a-t-elle indiqué.
Le lendemain de leur entretien, la petite Merveille a été ramenée sans raison auprès de sa mère.
‘’Moi je pensais que c’était un retard de croissance, c’est pourquoi j’allais à l’hôpital. Je me suis rendue à la guidance d’adjamé et là, ils m’ont dit, on vous donne 3 mois, si elle ne marche pas, vous revenez, on verra ce qu’on peut faire. J’avais une amie qui avait un enfant qui ne pouvait même pas s’asseoir, moi ma prière c’était que ma fille puisse s’asseoir, qu’elle puisse marcher parce qu’un enfant qui ne marche pas pendant un an ou 2 ans, c’est un lourd fardeau’’, a estimé Mme Djessan.
C’est à partir de 2 ans 2 mois que la petite aura la joie de marcher et d’aller à l’école.
‘’Dieu merci, à 2 ans 2 mois, elle a commencé à marcher, j’ai assuré la 1ère session, la 2ème session et la 3è session de la maternelle, au CP1, j’ai même fait l’inscription et un mois après, la directrice m’appelle pour me dire que ma fille est vraiment différente des autres enfants et qu’il existe une école du nom de CESEH, où je pourrai amener l’enfant’’, a-t-elle indiqué.
C’est dans ce centre qu’elle saura que sa fille souffre de trisomie 21.
‘’Je me suis rendue dans cette école et on m’a dit que ma fille souffre de la trisomie 21. J’ai eu l’explication de ce handicap. Le coût de la scolarité pour la maternelle privée est à 70 000fcfa. On m’a également parlé d’une école où la scolarité fait 350 000 fcfa. Aussi, dans les examens médicaux de ma fille, il est démontré qu’elle souffre d’une cardiopathie congénitale, pour un petit effort, elle peut s’effondrer. J’ai donc décidé de sursoir à sa scolarité pour la soigner, j’ai fait l’ECG, on m’a dit d’aller en cardiologie mais, ce n’est pas facile, les examens sont coûteux et on me dit de faire ça pour le moment parce qu’elle est encore enfant’’, a-t-elle précisé.
Seule avec son enfant, elle prend la vie comme elle vient. Bien que ce soit loin d’être facile, surtout depuis que le père de ses enfants l’ait quittée et à récupéré les 2 autres frères de la petite. Abandonnant Merveille dans les mains de sa mère à cause de son handicap. Merveille à aujourd’hui 8 ans et sa mère est sans moyens pour l’aider à recouvrir la santé.
‘’Le père a récupéré ces 2 autres frères et m’a laissée celle-là car, selon lui, elle n’est plus comptée parmi les enfants. Aussi, c’est vrai, il n’est qu’un simple chauffeur, moi aussi je me débrouille dans les cliniques privées, ce n’est pas facile avec une scolarité de plus de 300 000 FCFA, mon salaire n’atteint même pas les 90 000 FCFA. Les écoles spécialisées, il n y a pas de publiques. Que faire avec cet enfant qu’on a abandonné dans mes bras, pourquoi l’état ne construit pas d’écoles publiques spécialisées dont le coût n’excède pas les 50 000 FCFA ? Je ne peux pas, est-ce que je dois me débarrasser de mon enfant? Quand je sors et je rentre, elle me dit maman. C’est vrai, à un certain moment, j’attendais pour voir si elle ne marchait pas vraiment, c’est qu’elle était enfant serpent, ce qui mes beaux-parents avaient dit. Mais, elle a commencé à marcher, elle a commencé à dire les mots mais, les phrases n’y sont pas, elle ne peut pas faire l’école normale, elle doit faire l’école spécialisée, c’est coûteux pour les personnes qui se débrouillent. Les parents ne vous soutiennent pas, les papas alors, je ne condamne pas les gens mais, c’est ensemble que nous avons fait les enfants, quelque soit la situation, on aurait dû cas même continuer’’, a affirmé Mme Djessan avec les larmes aux yeux.
GMK







