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Côte d’Ivoire: Voici l’histoire émouvante d’une mère dont l’enfant est sourd-muet

Le handicap de son fils Ouattara Ismaël n’aura pas raison du rêve de Mme Ouattara Marie Chantal. Sourd-muet à la naissance, elle a dû batailler pour que celui-ci soit bachelier cette année 2019 et que toute la Côte d’Ivoire soit aujourd’hui fière d’elle. Voici l’histoire inspirante de cette dame à propos de son fils.

Mère de deux enfants dont l’un adopté et en situation de handicap auditif qu’on appelle communément sourd-muet, Mme Ouattara Marie Chantal estime qu’il n’y a pas de modèle typique pour s’occuper d’un enfant dans cette situation.

« Cet enfant est né sourd-muet, on a essayé de l’appareiller depuis l’enfance mais, c’est des choses qui ne durent pas ou le suivi n’est pas ce qu’il faut. Nous n’avons pas de subvention car, ça se faisait sur fonds propres et c’est pas facile pour un parent qui a beaucoup de personnes à charge d’appareiller un enfant à hauteur de millions alors qu’on a plus besoin de lui payer peut être des vêtements, de la nourriture, de le soigner au quotidien. Nous avons donc laissé faire, il est parti à l’école ivoirienne pour les sourds (EcIS) à yopougon et il est sorti de cette école en classe de cm1 et je vous dirai presque sans niveau », a-t-elle indiqué.

L’enfant ayant perdu son père, elle a décidé de le prendre en charge malgré le fait qu’elle soit à l’extérieur du pays.

« Je suis la mère adoptive de l’enfant, je suis l’épouse de son oncle, j’étais à l’extérieur du pays et je m’occupais de lui à distance et quand je suis rentrée, je l’ai récupéré avec ma fille biologique pour mieux le suivre vu que son père avait été assassiné et il était orphelin », ajoute-t-elle.

Ouattara Ismaël et sa petite sœur Ouattara Myriam Kimi sont tous deux au cm1 et sont très bien encadrés.

« Ismaël et Myriam étaient ensemble dans la même classe, nous nous sommes rendus compte qu’Ismaël avait beaucoup de potentialité car, il était encadré comme il le fallait. Ils ont obtenu leur Certificat d’étude primaire et élémentaire (CEPE) », a précisé Mme Ouattara.

Pour elle, c’était en ce moment que le calvaire débutait puisqu’il n’y avait pas de collège spécialisé pour accueillir leur enfant.

« C’est donc à partir de là que notre calvaire à débuté puisqu’il n’y avait aucun collège habileté à le recevoir. Tant qu’il était au primaire, il y avait l’EcIS à Yopougon, nous pouvions lui payer n’importe quelle école primaire pour l’encadrer parce que le maître avait le temps et la disponibilité pour le suivre. Aucun collège n’est habileté à recevoir un enfant sourd-muet parce qu’il n’y a pas d’éducateur spécialisé », a-t-elle déploré.

Ajoutant que la seule école qui avait accepté l’enfant se trouvait dans la commune de Yopougon.

« Nous habitons à Cocody deux-plateaux et la seule école qui a accepté d’accueillir mon fils était un collège dit normal du nom de collège Mitterand, situé à yopougon camp militaire. Ayant sa grand-mère en face du collège, nous le déposions tous les lundis à l’école et il restait chez sa grand-mère toute la semaine et le vendredi soir, on le récupérait jusqu’à ce que l’enfant soit en terminale. Sa petite sœur est aujourd’hui en licence 3 dans une université de la place tandis que lui, il vient d’obtenir son BAC à 23 ans après 3 tentatives », explique-t-elle.

Avec abnégation, sans relâche, elle a pris soin de son petit grâce à l’aide des éducateurs spécialisés. Aujourd’hui, elle se sent fière et toute la Côte d’Ivoire la félicite pour ses efforts mais, elle se pose plusieurs questions: Que fera son fils après le Baccalaureat?quelle université l’accueillira pour continuer ces études?
Aussi, elle se demande si elle n’avait pas les moyens de payer les cours de son fils, qu’est ce qu’il allait devenir? car, d’après elle, il y a des parents qui ne peuvent même pas assurer le petit déjeuner d’un enfant qui plus les 3 repas, comment ceux-ci font pour assurer l’éducation de leur enfant sourd ou muet? Il y a donc beaucoup d’enfants dans cette situation.

En définitive, pour Mme Ouattara Chantal, on entend parler de l’école inclusive, il faut que cela soit effectif jusqu’à l’université.

« Je pense que la ministre de l’Éducation nationale doit se pencher sur la question car ces enfants sourds-muets ont beaucoup de potentialités renforcé par un 6è sens qu’ils développent. Mon fils est doué dans tout ce qui est technologie (électronique, informatique…). Nous sommes tous de potentielles personnes en situation de handicap. Ils ne doivent pas être exclus de la société car, si nous ne faisons rien, c’est des aigris, des bandits qu’on fabrique. Il faut que l’école soit inclusive jusqu’à la vie active. Quand on décompte le nombre d’habitant en côte d’Ivoire, les sourds-muets font partie de cette population et le pays compte aussi sur tous ces bras pour avancer. On ne choisit pas d’avoir un enfant handicapé », conclut-elle.

DSM

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