Les personnes handicapées du Tchad ont souhaité ce dimanche 1er novembre 2020, la création d’un département ministériel avec un portefeuille qui leur est dédié. C’est ce qui ressort des recommandations aux assises du 2ème Forum national inclusif du pays.
En effet, l’autonomisation de la femme handicapée, l’élaboration d’un programme national sur la question du handicap afin de prendre en compte leurs préoccupations, et l’appui aux personnes handicapées du monde rural doivent être les priorités de l’État pour les personnes handicapées, a souhaité Menodji Denise, une des responsables des organisations des personnes handicapées invitée à ce forum.
« Le premier forum, nous n’avons rien vu sur les handicapées dans le document. Cette fois-ci, nous avons des résolutions », a expliqué Menodji Denise qui déplore les souffrances des femmes handicapées.
Pour Galmaye Moussa, il existe une certaine forme d’hypocrisie dans la gestion de la question du handicap.
« Quand il s’agit de droits, au ministère de la Femme, ils reviennent toujours vers les femmes et les enfants. Quand il est question de la charité, l’on fait appel aux personnes handicapées (…) pour leur distribuer des morceaux de viande, de sucre. Qui vous a dit que les personnes handicapées ont faim ? »
Selon lui, en matière d’emploi, il faut un quota dans les fonctions nominatives et électives pour responsabiliser les personnes handicapées.
Aussi, Galmaye Moussa demande aux autorités de protéger les journalistes car, selon lui, ils sont parmi les seuls à plaider leur sort.
D’après Mr Séverin, un des participants à cette cérémonie, toute la population tchadienne résume les personnes handicapées à des personnes qui sont toujours assistées.
« Nous sommes d’une nouvelle génération de personnes handicapées et gardez vos aumônes à ceux qui en ont besoin. Il faut que cela soit bien clair dans vos esprits. Quand c’est le moment de faire des aumônes, vous cherchez les personnes handicapées, mais quand il est question de leur donner des possibilités pour qu’eux aussi ils puissent s’affirmer, contribuer au renforcement de la démocratie ou du développement, elles sont mises à côté. Nous ne sommes pas là pour ça… », a-t-il fait savoir.
Djiddi Ali Sougoudi, secrétaire d’État à la Santé publique et à la Solidarité nationale, a également plaidé le sort des personnes handicapées.
« Il ne faut pas croire que les handicapés ce sont seulement ceux qui n’ont pas de membres. Il y a les malentendants, les malvoyants… », dit-il, tout en déplorant leur absence aux assises.
DSM
