France: Sur 130 salariés, une entreprise a en son sein 110 employés en situation de handicap

En apparence, rien ne différencie l’Atelier du Compiégnois et de la Vallée de l’Oise (ACVO) d’une entreprise classique. Spécialiste de la propreté, du conditionnement et du traitement des déchets pour les professionnels, la société est reconnue dans l’est du département pour la qualité de son travail. Il ne s’agit pas, toutefois, d’une « boîte » comme les autres.
A la veille de la Conférence nationale du handicap, qui doit se tenir mardi à l’Elysée, elle peut même être citée en exemple. En effet, parmi les 130 salariés employés par ACVO, 110 personnes sont en situation de handicap.
Imaginée par la section oisienne de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), l’entreprise adaptée est dirigée par l’Association de gestion des ateliers protégés (Agap).
Il existe neuf structures de ce type dans l’Oise – ACVO étant la plus importante – qui répondent à un besoin fort. Selon Cap intérim, agence de travail temporaire spécialisée, près de 2000 travailleurs handicapés seraient à la recherche d’un emploi dans le département.
« Nous employons des personnes qui ont été déclarées inaptes dans une entreprise classique, avec des troubles intellectuels, psychiques ou cognitifs, ou encore des malvoyants, souligne Pascale Lecoq, directrice d’ACVO. Bien entendu, nous ajustons les postes aux pathologies, et l’encadrement est également adapté. »
Les personnes handicapées sont dans toutes les strates de la société : à l’accueil, dans le management, les services administratifs, au conditionnement, dans les entrepôts… « Nous avons le même fonctionnement qu’une entreprise lambda, poursuit la responsable. Avec des élections de délégués du personnel, des NAO (négociations annuelles obligatoires, NDLR), etc. En cas de faute, on sanctionne, mais on est un peu plus souple. »
Chez ACVO, une valeur prédomine : le respect de chacun. « Le handicap n’est pas forcément visible, ce sont les salariés qui décident d’en parler ou pas », insiste Pascale Lecoq. « Parfois, il y a des réflexions amusantes, mais il peut aussi y avoir des crises. Après, on comprend et on gère bien », explique David. À 45 ans, ce dernier est employé en contrat professionnel depuis juin 2019, pour devenir préparateur de commandes. Un incident de la vie l’a contraint à arrêter son métier de prothésiste dentaire.
Source: leparisien.fr







