Elles ne veulent pas être uniquement dans la lutte, mais être mieux regardés, mieux compris. Les personnes en situation de handicap, via l’Association des paralysés de France (APF) de Châteauroux qui les représente, vont profiter de la Journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité, le 30 avril, pour se mettre dans la lumière. « Nous organisons différentes actions, toute la semaine, pour sensibiliser les gens à nos difficultés du quotidien en matière d’accessibilité, indique Philippe Jeanneton, représentant à l’APF. Il y aura des revendications, bien sûr, où certains manquements seront dénoncés, mais aussi beaucoup d’informations vis-à-vis du grand public. Et quand les choses sont bien faites, nous le dirons aussi. »
Fini l’assistanat, place à l’inclusion et à l’accesibilité
Différents lieux de Châteauroux seront ainsi testés : les commerces de la place Gambetta, la Plaine départementale de sports ou encore la gare routière. « L’idée est d’aller voir si ces lieux sont accessibles ou non, et de discuter avec ceux qui les gèrent pour voir ce qui pourrait être amélioré. Ils ne sont peut-être tout simplement pas au courant de certaines bonnes pratiques nous concernant », anticipe Philippe Jeanneton, non sans rappeler que la mise aux normes d’accessibilité dans les établissements recevant du public est obligatoire depuis une loi de 2005, « mais il reste encore beaucoup à faire, notamment dans les bâtiments anciens. Il faudrait peut-être une incitation plus forte de la part de l’État pour que les choses bougent vraiment ».
Car au-delà de la seule mobilité, les personnes en situation de handicap s’interrogent sur leur place dans le monde d’aujourd’hui. « Notre credo de défense à l’APF, c’est de placer les handicapés moteurs, mais aussi psychiques, sensoriels, au cœur de la société, argue Patrice Giordano, directeur de l’APF dans l’Indre et le Cher. Le monde nouveau, tel que nous l’imaginons, ne parlera pas d’assistanat les concernant, mais d’inclusion. Ils ne devraient pas être rassemblés entre eux comme des marginaux, mais vivre normalement au milieu de tout le monde. » D’où leur permettre une accessibilité totale dans les lieux publics. L’Indre est-il bon élève à ce sujet ? « Les élus ne sont pas mauvais, d’ailleurs la jeune génération a tendance à être plus à l’écoute. Mais nous ne sommes pas encore dans le même discours, regrette Patrice Giordano. On aimerait leur dire de développer l’expertise d’usage quand ils entreprennent des constructions. Plutôt que de travailler avec des cabinets d’architectes sur la question de l’accessibilité, ils pourraient tout simplement nous appeler. On pourra les aider, et ça leur coûtera moins cher ! » Les différentes actions de la semaine seront retransmises sur les réseaux sociaux, et les participants invitent tout le monde à y assister. Dans l’Indre, il y a actuellement près de 200 adhérents à l’APF, mais ils sont des milliers à nécessiter un environnement adapté pour vivre comme tout le monde.
Source : lanouvellerepublique.fr
