Le rapport mondial 2020 de l’ONG Human Rights Watch met à nu la mauvaise gestion du régime d’Abidjan dans plusieurs secteurs de la vie de la Nation. Dans ce rapport qui se veut critique, HRW tire la sonnette d’alarme avant la présidentielle de 2020. Voici quelques points de ce rapport
Système judiciaire et conditions de détention
Selon Human Rights Watch : Le système judiciaire manque d’indépendance et les juges font régulièrement l’objet de pressions de la part de l’exécutif. Les juges signalent que les risques d’ingérence sont renforcés pour les dossiers politiques, mais peuvent aussi concerner n’importe quel procès au civil ou au pénal.
Les conditions de vie en prison et la surpopulation continuent de poser problème. Par exemple, la prison centrale d’Abidjan accueillait en octobre 7 100 personnes dans un centre conçu pour 1 500, dont 2 500 personnes en détention préventive. Malgré des efforts pour rénover les prisons, les détenus souffrent toujours d’un accès insuffisant aux soins médicaux et sont victimes d’extorsion de la part des gardiens de prison et d’autres prisonniers.
Exactions des forces de sécurité et réforme du secteur
Des efforts particulièrement nécessaires ont permis de continuer à professionnaliser l’armée et d’améliorer la discipline aux seins des forces de sécurité, en combinant formation et réforme des instances dirigeantes de l’armée.
Plusieurs anciens commandants de zone (« comzones »), des commandants militaires haut placés impliqués dans de graves violations des droits humains entre 2002 et 2011, ont été déclassés en mars. D’autres sont cependant toujours en position d’autorité au sein des forces armées.
Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants qui protestaient contre l’arrestation d’un homme politique de l’opposition à Bouaké le 3 octobre, faisant un mort et blessant plusieurs autres personnes.
Des membres des forces de sécurité ont continué à s’adonner au racket et à l’extorsion, notamment au niveau des postes de contrôle sur les routes secondaires. L’activiste web Soro Tangboho a été arrêté en novembre 2018 pour avoir diffusé en direct les actes d’agents de police en train, selon lui, d’extorquer de l’argent aux automobilistes. Il a été condamné le 7 juin pour des infractions à l’ordre public ; sa peine initiale d’un an de prison a été augmenté à deux après un procès en appel le 31 juillet. Les membres de l’armée, de la police ou de la gendarmerie ont rarement été sanctionnés pour corruption ou autres crimes plus graves.
Liberté de réunion et d’expression
Le gouvernement a interdit à plusieurs reprises des rassemblements de l’opposition, et policiers et gendarmes ont à de nombreuses occasions arrêté et brièvement incarcéré des politiciens de l’opposition et des militants de la société civile qui avaient organisé des démonstrations anti-gouvernementales.
Le 26 juin, le président Ouattara a promulgué un nouveau code pénal qui rend l’organisation d’une manifestation « non-déclarée ou interdite » passible d’un à trois ans de prison et d’une sanction financière. Les normes internationales des droits humains stipulent que les organisateurs de manifestations ne peuvent être sanctionnés uniquement pour défaut d’information des autorités en amont.
Rapport 2020 HRW
Chief Dadi
