handicap et violences sexuelles : Un rapport de l’UNFPA rendu public fait peur et interpelle

15% de la population mondiale vit avec un handicap, et près de 200 millions de personnes handicapées ont entre 10 et 24 ans, selon un rapport de l’UNFPA . Ces chiffres sont cependant souvent invisibles dans les statistiques gouvernementales, soutient le rapport.
A en croire ce rapport, les filles et garçons handicapés sont largement exclus de l’éducation et des services de santé, souffrent de discrimination au sein de leurs communautés et sont prisonniers d’un cercle de pauvreté et de violence.
Dans le monde entier, ce sont les filles qui font majoritairement les frais de ces violences. Cette étude internationale de l’UNFPA révèle que les filles et les jeunes femmes handicapées subissent jusqu’à 10 fois plus de violences basées sur le genre que celles qui sont valides. Les filles présentant une déficience intellectuelle sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle.
Les jeunes en situation de handicap, et surtout les filles, sont beaucoup plus vulnérables à la violence que leurs pairs valides.
Selon cette étude publiée en 2018, les enfants en situation de handicap sont presque quatre fois plus susceptibles d’être victimes de violences que les enfants valides, et trois fois plus pour ce qui est des violences sexuelles. Les filles sont les plus à risque pour ces dernières. Au cours d’une étude de l’African Child Policy Forum sur les violences faites aux enfants handicapés, presque tous les jeunes interrogés avaient déclaré avoir été abusés sexuellement au moins une fois, et plusieurs fois pour la plupart. Une autre étude menée en Australie a mis au jour un chiffre énorme : 62 % des femmes handicapées de moins de 50 ans ont été victimes de violences depuis l’âge de 15 ans, et les femmes handicapées sont trois fois plus victimes de violences sexuelles que les femmes valides.
Les enfants sourds, aveugles, atteints de troubles du spectre autistique ou bien de déficiences intellectuelles ou psychosociales sont les plus vulnérables à la violence. Des études ont montré que ces enfants ont cinq fois plus de chances d’être victimes de maltraitances que les autres, mais aussi qu’ils sont plus à même d’être harcelés.
Les enfants handicapés sont exposés à diverses formes de violences
Toujours selon ce rapport, les enfants handicapés sont exposés à diverses formes de violences de la part de leurs parents, de leurs pairs, des éducateurs, des prestataires de services et d’autres personnes encore. Ces violences peuvent notamment être : le harcèlement scolaire, les châtiments corporels de la part des aidants, la stérilisation forcée des filles, ou la violence prétendument thérapeutique, comme la « thérapie aversive » par chocs électriques qui a pour but de contrôler le comportement.
Dans certains cas, les enfants sont volontairement blessés pour présenter des handicaps provoquant plus d’empathie s’ils mendient dans la rue.
Une étude sur les enfants handicapés en Ouganda a montré qu’ils subissaient majoritairement des violences à l’école, souvent de la part du personnel enseignant et de leurs camarades valides. D’autres études montrent pourtant que pour ce qui est des violences sexuelles, les filles et les jeunes femmes handicapées sont plus à risque en dehors de l’école. Les voisins et les membres de leur famille qui savent qu’elles sont seules peuvent profiter de l’occasion pour abuser d’elles, en sachant qu’il y a peu de risques qu’ils soient surpris ou même sanctionnés.
Le handicap augmente également les risques que les jeunes soient victimes de trafic, pour du travail forcé et parfois sexuel, qu’on attribue souvent à un manque d’inclusion sociale ou à une stigmatisation. Dans de trop nombreux endroits, les jeunes en situation de handicap sont considérés comme « indésirables » et sont parfois victimes de trafic aux mains de leur propre famille.
Dimitry Chrysostome







