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inclusion des personnes en situation de handicap: Ce qu’il faut retenir après le 10è forum de la BAD 

Le rideau est tombé sur le 10è Forum de la Société civile qui s’est tenu du 7 – 9 mai 2019 à l’Auditorium Babacar Ndiaye, Banque Africaine de Développement (BAD), Abidjan. Ce sommet a réuni près de 300 organisations autour du thème : « Engager la société civile dans l’accélération de l’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique », un thème qui s’inscrit dans la dynamique de celui des Assemblées annuelles 2019 de la BAD, qui se tiendront en juin prochain à Malabo.

Selon Madame Zéneb Touré, manager de la division Société civile et engagement communautaire : « Prendre en compte la voix des citoyens est un indicateur clé de la cadence de transformation structurelle de l’Afrique. Cette inclusion permet à la Banque d’obtenir de meilleurs résultats et d’influer davantage sur les processus de développement, grâce à sa coopération avec la société civile. Il est donc crucial que les organisations de la société civile soient considérées comme parties prenantes de la Banque. »

Quelles peuvent donc être les répercutions de ce Forum sur la vie des populations africaines, notamment des personnes handicapées ?

Ayant pris part aux travaux de ce Forum prometteur, nous avons pu noter 2 axes majeurs d’opportunités pour l’inclusion des personnes handicapées d’Afrique en général et de Côte d’Ivoire en particulier.

La reconstitution du Fonds Africain de Développement (FAD)

Cette thématique est si importante qu’elle a fait l’objet de 2 sessions au cours du Forum. La session 2 qui visait à présenter ce Fonds et la session 5 au cours de laquelle plusieurs personnalités, notamment M. Asalfo du groupe Magic Système, ont plaidé en faveur de la reconstitution de ce Fonds.

En effet, le FAD contribue à promouvoir le développement économique et social dans les pays africains les moins développés dont la Côte d’Ivoire, en octroyant des financements concessionnels dédiés à la mise en œuvre de projets et de programmes, et une assistance technique pour mener des études et des activités de renforcement des capacités. Les investissements cumulés du Fonds au fil de ses 44 années d’opérations sur le continent africain s’élèvent à 29.4 milliards d’UC (45 milliards de dollars EU). Les ressources du Fonds sont reconstituées tous les trois ans, auprès de ses 31 pays donateurs. Durant les consultations pour la reconstitution, les pays donateurs sont représentés par leurs plénipotentiaires du FAD.

Nous avons été ravis d’apprendre lors de ce Forum que le plus grand donateur du FAD est la Grande Bretagne, pays hôte du 1er Sommet Mondial sur le handicap. Cette quinzième reconstitution du FAD constitue dès lors une opportunité pour les personnes handicapées d’Afrique de faire entendre leur voix en vue de la prise en compte de leurs besoins spécifiques. Il revient donc aux organisations de personnes handicapées de se mobiliser pour mener un plaidoyer auprès des Etats donateurs en vue d’obtenir leur adhésion à notre cause en exigeant la prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées comme l’un des critères d’éligibilité dans tous les projets soumis au FAD pour financement par nos Etats africains.

L’entrepreneuriat social source d’emplois pour les personnes handicapées

Cette thématique très intéressante a fait l’objet de la session 6 du Forum ayant eu pour thème : « Entrepreneuriat et innovation sociale pour l’intégration ». Il en ressort que l’entrepreneuriat social est une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Quel que soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, S.A., …), leurs dirigeants font du profit un moyen, non une fin en soi. L’entreprise sociale s’organise autour de 4 principes simples : un dynamisme entrepreneurial, une lucrativité encadrée, une finalité sociale et/ou environnementale, une gouvernance participative.

L’entrepreneuriat social peut donc constituer une source d’emploi durable pour les personnes handicapées dont l’accès à  l’emploi reste encore freiné par de nombreuses barrières. Ainsi, les personnes handicapées pourront s’adonner à des activités adaptées à leur type de handicap, notamment les métiers du Web et de l’énergie renouvelable. Cet entrepreneuriat social mérite d’être soutenu par la BAD et les partenaires sociaux en vue créer de nombreux emplois pour les personnes vulnérables.

Quelques menaces persistantes mettent à mal cette dynamique

Cependant, il y a des risques de menaces à travers les changements climatiques qui causent la migration des populations ce qui peut beaucoup affecter les personnes handicapées dont le plus grand nombre a une mobilité réduite. C’est ce qu’il faut retenir de la session  organisée par le PACJA sur le thème : « Adresser la migration liée aux changements climatiques par le renforcement de la résilience pour une intégration africaine effective. D’où l’urgence pour le FAB de financer des projets respectueux de l’environnement d’une part et des besoins specifiques des personnes handicapées d’autre part.

A coté de cette réalité, il faut noter le manque de moyens des organisations de la société civile, comprenant celles de personnes handicapées, pour la mise en œuvre de projets au profit  de leurs cibles. C’est pourquoi plusieurs participants, nous y compris, ont suggéré aux représentants de la BAD de réaménager les critères d’éligibilités de leurs appels à projets afin de permettre aux organisations de plus petite taille d’obtenir des financements pour leurs activités. Cela permettra à ces organisations de mieux jouer le rôle de contrôleur de l’action gouvernementale qui leur est dévolu, aidant ainsi la BAD à atteindre ses objectifs.

En somme, la BAD ayant perçu le rôle capital des organisations de la société civile dans le développement de l’Afrique s’inscrit dans un registre de partenariat avec celle-ci d’où la mise en place de ce Forum dont la 10è Edition vient de s’achever. C’est le lieu de remercier tous les acteurs qui ont contribué au succès de ce Forum. Toutefois, l’impact des OSC dans le développement de l’Afrique ne saurait être effectif  sans l’appui de la BAD dont les interlocuteurs privilégiés restent nos Etats.

Contribution: Vincent Kadélé, président de l’inclusion des personnes amputées et déficientes motrices de Côte d’Ivoire (IPADEMCI)

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