Société

Mlle Emeraude KADIO (Pdt de l’ONG Emeraude Heart) : « la misère que j’ai connue est aujourd’hui le socle de mon engagement »

Connaître une enfance difficile, vivre une adolescence pénible et aller jusqu’à dormir à la belle étoile sont des réalités de la vie dont plusieurs personnes en sortent difficilement. Et pourtant, après avoir connu et traversé toutes ces péripéties, Mlle Emeraude KADIO a pu sortir des ces décombres de la vie pour se faire une place au soleil. Désormais, son combat est d’éviter aux filles déscolarisées cette dure expérience. C’est ce qui a motivé la création le 23 janvier 2021 de l’ONG « Emeraude Heart » dont elle nous parle dans cette interview.

Mlle Emeraude KADIO, vous êtes la Présidente de l’ONG «Emeraude Heart». Qu’est ce qui a motivé la création de cette structure?

L’idée est partie de ma vie d’enfance. J’ai eu une enfance très difficile. A cause de ces difficultés ma petite sœur a du arrêter les cours. Quand j’ai vu cela, j’ai eu mal et je me suis dit que je ne devais pas baisser les bras. Je suis le pur produit d’une famille recomposée. Mon père n’avait plus les moyens pour nous mettre à l’école, ma mère non plus n’exerçait aucun emploi. Lorsque ma petite sœur a arrêté les cours cela m’a vraiment choquée. Et malgré les difficultés que nous traversions je me suis dit que je dois persévérer. Je n’ai pas voulu baisser les bras. J’ai donc bravé toutes les difficultés qui se présentaient à moi jusqu’à ce que j’ais mon BAC. Ce succès au BAC a fait un déclic en moi.

Remise de vivres à une jeune femme déscolarisée

Et ce déclic vous a poussé à réagir ?

Effectivement ! A travers  ma petite sœur qui n’a pas pu poursuivre les études, j’ai voyais ces jeunes filles qui elles aussi, malheureusement, ont arrêté les cours ou qui n’ont pas eu cette chance d’aller à l’école. D’autres ont même arrêté les cours à cause d’une grossesse pendant que certaines se prostituent. C’était quelque chose de terrible pour moi. Face à cette réalité, j’ai décidé de mettre en place cette ONG « Emeraude Heart »

Fallait-il forcement passer une ONG pour agir ?

La Président de « Emeraude Heart » à notre micro

Même si je n’avais pas crée cette ONG, j’allais forcement faire quelque chose pour ces jeunes filles parce que je sais que ce n’est pas vraiment facile lorsqu’on n’a personne pour nous accompagner. Mon père est un homme qui avait plusieurs femmes. Il n’arrivait pas à s’occuper de nous. Ma mère a perdu aussi son emploi (elle travaillait à Fraternité Matin). Nous avons  donc vraiment du batailler, nous avons même dormi dans la rue à un moment donné. Les choses n’ont vraiment pas été faciles pour moi jusqu’à ce que j’obtienne mon BAC. Ce jour là, j’ai même été interviewée par la RTI et des personnes ont même rendu témoignage pour parler des difficultés que j’ai traversées pour arriver à ce résultat. Quand je suis sortie de là, je me suis dit qu’il faille que je mette en place une ONG pour aider ces jeunes filles déscolarisées. Surtout que la femme est le pilier de la société, c’est elle qui permet à la société d’avancer. J’ai donc mis en place cette ONG le 23 janvier 2021 en vu d’aider ces jeunes déscolarisées, qui n’ont pas eu cette chance de se découvrir.

La pluie n’empêche pas la présidente de faire des dons

L’ONG a-t-elle déjà posé des actions dans le cadre de ses activités ?

Nous avons des actions. Mais plus à huit clos. Nous avons fait des dons aux familles démunies. C’est pour ce lancement que nous avons décidé d’aller vers les filles déscolarisées qui sont nos principales cibles.

Quel message se cache derrière le choix des filles déscolarisées comme cibles ?

Notre message est de leur dire qu’il faut y croire. Nous voulons leur faire comprendre que la déscolarisation n’est pas une fin en soi. On peut toujours se former, on peut toujours se donner à fond pour se faire une place au soleil. C’est ce que je veux faire comprendre à ces jeunes filles.

Quels sont les moyens dont vous disposez pour mener à bien vos actions afin d’atteindre vos objectifs ?

La Présidente et quelques enfants de mamans déscolarisées

Nous avons les cotisations entre membres. Et personnellement je suis entrepreneur, je confectionne des savons. C’est donc avec ces moyens que nous finançons nos actions. Au cours de l’activité d’aujourd’hui (samedi 31 juillet 2021) nous avons remis des vivres à des filles et des mamans. Ce sont des kits composés de riz, de l’huile, de la tomate, et des pates alimentaires. Nous les avons récoltés à travers des dons suite à un appel et aussi par nos moyens.

L’équipe de « Emeraude Heart » au grand complet

Vous parlez de formations dans vos discours. Quelles seront les contenus de ces formations?

Ce sont des formations qui permettront aux filles d’acquérir de nouvelles connaissances, surtout les bases fondamentales de lecture et d’écriture. Ensuite nous les orienterons dans l’apprentissage de différents métiers comme la pâtisserie, la couture, la coiffure et la restauration.

Avez-vous des partenaires pour vous accompagner?

la joie de partager avec les autres

Nous n’en avons pas encore pour le moment. Mais après cet évènement, nous comptons aller avers des partenaires, le ministère de tutelle pour demander de l’aide afin de pouvoir former ces jeunes filles. C’est dans ce sens que je lance un message à nos autorités en leur disant qu’étant donné que la femme détient des atouts et des potentialités, il faille vraiment qu’elles soient instruites, qu’elles soient accompagnées et qu’elles soient suivies. Je demande donc à tous ces ministères, de porter un regard sur nous, de nous aider à accompagner ces jeunes femmes de sorte à ce qu’elles puissent contribuer au développement de notre pays qui en a besoin sur tous les plans.

Interview réalisée par Eugène YOBOUET

 

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Eugène Yobouet

Mon nom est Eugène YOBOUET. Je suis journaliste à ivoirehandicaptv.net depuis le 04 janvier 2021. Au paravent j'ai exercé comme writer à Opéra New d'avril 2019 à Juillet 2020.
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