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Vridi-Cocotier : Lutte acharnée contre l’érosion côtière

Entre mer et terre ferme, Vridi-Cocotier est gravement menacé par l’érosion côtière. Ce phénomène lent et graduel grignote les plages ivoiriennes, mettant en péril habitations, infrastructures et moyens de subsistance. La commune de Port-Bouët, et en particulier le quartier de Vridi-Cocotier, n’échappe pas à cette menace, exacerbée par les activités humaines et le changement climatique.

Une communauté en lutte

C’est un après-midi de jeudi 4 avril 2024 calme dans le quartier de Vridi-cocotier situé en bord de mer. Mais derrière cette quiétude apparente se cache une réalité inquiétante, l’érosion côtière menace de plus en plus ce paisible coin de la commune de Port-bouët. Les habitants vivent dans l’incertitude, redoutant chaque nouvelle marée. En arpentant les rues du quartier, les signes de l’érosion sont omniprésents. Certaines maisons sont abandonnées, d’autres montrent des signes de délabrement avancé et certaines portions de la route ont littéralement disparu, emportées par les vagues. Sur la plage, des jeunes jouent dans les vagues qui se déversent sur les maisons en ruine. Accompagnés par Jean-Claude, un jeune du quartier, nous rencontrons le chef du quartier, Kouassi Kouadio Alphonse Rodrigue. Dès notre arrivée, il nous parle sans détour des problèmes causés par l’érosion côtière.

« Je suis dans ce quartier depuis le 14 septembre 1974. La mer a englouti l’ancienne voie de Grand-Bassam et toute la cocoteraie. L’avancée de la mer est une réalité qui nous préoccupe énormément. Si des aides pouvaient stopper cette situation, nous serions vraiment heureux », déclare le chef Kouassi Kouadio Alphonse. Il souligne que Vridi-Cocotier est plus touché que Vridi-Canal, avec des vagues destructrices principalement en mai et juin chaque année. « Nous sommes souvent interrogés par des ONG, mais nous ne voyons aucune action concrète », ajoute-t-il avec amertume.

Des habitations en péril

Une visite le long de la côte révèle l’insalubrité croissante du quartier. Le restaurant de renom « CAPKO » est pratiquement détruit et son espace événementiel inexistant. Les clients se font rares, tandis que la clôture du restaurant est désormais en contact direct avec la mer. D’autres maisons, surtout celles des pêcheurs construites en bambou et feuilles de palmier, sont en grand danger. « J’habite ici depuis plus de 15 ans et je n’ai jamais vu une telle destruction. La mer avance chaque année et plusieurs maisons ont déjà été englouties », raconte Jean Jaurès, un résident.

L’espace événementiel du restaurant ‘’CAPKO’’ est pratiquement inexistant. (Ph Ivoirehandicap.net )

Les riverains, impuissants, voient leurs maisons disparaître. Certains ont dû se réfugier plus à l’intérieur, d’autres restent faute de moyens. La situation devient critique alors que les vagues menacent de plus en plus les fondations des habitations.

Des maisons en bordure de la mer ont été délaissées avec le rapprochement de la grande étendue d’eau de la côte. (Ph.Ivoirehandicap.net)

Un environnement fragilisé

L’érosion côtière affecte également l’environnement local. Les cocotiers, emblèmes de la région, ont été emportés par la mer, et la biodiversité marine est en péril. Les habitats côtiers détruits affectent les communautés de pêcheurs. Les eaux agitées rendent également les plages dangereuses et les risques de noyade sont élevés. Des experts en environnement pointent du doigt plusieurs facteurs aggravants notamment la montée du niveau de la mer due au réchauffement climatique, la construction anarchique sur le littoral et l’extraction de sable qui fragilise davantage les côtes. 

« Il est crucial de prendre des mesures urgentes pour protéger notre littoral et sensibiliser la population aux bonnes pratiques. La construction de digues, le reboisement des zones côtières et la réglementation stricte des constructions sont des mesures essentielles », précise Dr Koffi Kouadio, spécialiste en protection de l’environnement.

Appels à l’aide pressants

Les habitants de Vridi-Cocotier lancent un cri de détresse. « Nous voyons notre futur disparaître sous nos yeux. Si rien n’est fait, nous n’aurons bientôt plus de place où vivre. Nous avons besoin d’une aide immédiate pour sécuriser nos maisons et nos vies », plaide Ahoutié Georges, membre de la chefferie.

Il n’existe pratiquement plus de distance de sécurité entre les vagues et les habitations. (Ph. Ivoirehandicap.net)

Guy Martial Kouassi 

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Encadré 

Pr Éric Valère Djagoua, Coordonnateur du Programme National de Gestion de l’Environnement Côtier au Ministère de l’Environnement. (Ph Dr)

Pr Éric Valère Djagoua, Coordonnateur du Programme National de Gestion de l’Environnement Côtier au Ministère de l’Environnement :

 « Il faut une étude de faisabilité pour voir les coûts des activités à prévoir à Vridi-Cocotier »

Selon Pr Éric Valère Djagoua, la situation à Vridi-Cocotier est due à l’ouverture du Canal de Vridi et à la construction de digues d’arrêt de sable qui ont entraîné un déficit de sable à l’est, accentuant l’érosion. « Toute cette zone est en érosion. Même si l’érosion est lente, des dégâts importants peuvent survenir. Il est crucial de prendre des mesures adaptées telles que l’enrochement des plages, la végétalisation, et la construction de brise-lames », explique-t-il. Ajoutant que des dangers liés à des submersions marines appelées inondations peuvent subvenir dans cette zone.

« Ce qu’on redoute le plus ce sont des évènements extrêmes comme les tempêtes qui sont de plus en plus fréquentes à Vridi-cocotier », soutient-il.

À en croire Pr Éric Valère, une étude de faisabilité est nécessaire pour évaluer les coûts des solutions envisagées, impliquant toutes les parties prenantes notamment l’état lui-même, le secteur privé, les populations.

Depuis 2011, un plan de protection de la zone côtière est en place pour coordonner les actions contre l’érosion. La création par la loi n° 2017-378 du 2 juin 2017 d’une agence dédiée à l’aménagement et à la protection du littoral offre une nouvelle opportunité de freiner ce phénomène”, souligne le Coordonnateur du Programme National de Gestion de l’Environnement Côtier.

Guy Martial Kouassi

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Guy Martial Kouassi

Guy Martial Kouassi, Journaliste Web à Ivoirehandicaptv.net depuis 2019. Auparavant, j'ai exercé ce métier tout d'abord sur le site internet www.lebabi.net dans les rubriques Faits divers et High Tech en 2013, ensuite dans le journal papier ''La Synthèse'' au service culture et en ligne www.lasynthèse.net en 2017
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