Célébration de la JIPH 2021 à Port-Bouët: les associations de personnes handicapées exposent leurs difficultés
La Journée internationale des personnes handicapées (JIPH 2021) a été célébrée le 3 décembre dernier à travers le monde. En Côte d’Ivoire, la célébration officielle de la Journée internationale des personnes handicapées (JIPH 2021) n’a pas encore eu lieu. Mais, certaines associations de personnes en situation de handicap se sont retrouvées pour commémorer cette journée qui leur est dédiée.
Au niveau de la commune de Port-Bouët (sud d’Abidjan), les associations de personnes handicapées se sont réunies au centre Pilote, le 3 décembre 2021, autour d’un panel intitulé «Accessibilité et mobilité : cas des personnes en situation de handicap de la commune de Port-Bouët ».
Ce thème « est une invite à réfléchir sur les mots ‘’mobilité’’ et ‘’accessibilité’’ qui meublent au quotidien la vie des personnes en situation de handicap. Nous osons croire qu’au terme de ce panel, les notions du handicap, de la mobilité et de l’accessibilité seront appréhendées par les participants et diffusées là où besoin se fera sentir », a indiqué le porte-parole de toutes ces Organisations de Personnes handicapées, à l’entame de la rencontre, tout en remerciant le député-maire Emmou Sylvestre pour tous les efforts consentis pour le bien-être des personnes handicapées de sa commune.
Ce panel a été également l’occasion pour les présidents des organisations de personnes handicapées de Port-Bouët, de présenter leurs difficultés. Ils ont donc attiré l’attention des autorités communales concernant la situation des personnes handicapées vivant dans cette commune.
Sanza Justin, président de l’ONG Lueur d’espoir, communauté des malvoyants de Port-Bouët a dépeint un tableau pas très reluisant de la situation des déficients visuels.
«Nous voulons saisir l’occasion pour dire aux autorités que les travaux qui ont cours, en ce moment, nous créent quelques dommages et en plus de cela, nous nous interrogeons pour savoir si dans ces aménagements-là, la notion du handicap est prise en compte. Est-ce que les non-voyants sont pris en compte ? Est-ce qu’il est prévu des voies pour que nous puissions nous déplacer sans difficultés? Avant, on arrivait à se déplacer mais maintenant avec les travaux, on se demande si notre parcours ne sera pas mélangé, est-ce qu’il n’y a pas des caniveaux en construction?», a indiqué Sanza Justin qui souhaite que la Mairie puisse faire passer les informations concernant les travaux qui sont faits à travers la radio. Cela permettrait aux personnes aveugles de savoir exactement à quel endroit les travaux ont lieu afin qu’elles puissent prendre leur disposition.
Après lui, c’est Dr Djadji Gervais qui a pris la parole au nom Fédération nationale des organisations pour la promotion des bègues (FENOB-CI), section de Port-Bouët. Il a fait savoir que pour les bègues, la difficulté majeure se situe au niveau de l’accès à l’emploi. « On fait les mêmes écoles avec les autres, on a les mêmes diplômes mais à la fin on nous discrimine. En termes d’accessibilité, nous concernant, c’est une difficulté à l’accès à l’emploi. Il y a des concours qui ne nécessitent même pas qu’on te demande le certificat de bégaiement mais on te le demande », a-t-il dit.
Mme Komenan, présidente de Bien-être des Albinos de Côte d’Ivoire (BEDA-CI) section de Port-Bouët a présenté la situation des Albinos. A l’en croire, le premier ennemi de la personne atteinte d’albinisme, c’est le soleil. Et le fait qu’il n’y ait plus assez d’arbres dans la commune de Port-Bouët est un réel problème pour l’Albinos. «Avant, il y avait des arbres mais maintenant, on peut parcourir une longue distance sans voir d’arbres, il n’y a donc pas d’endroit pour s’abriter et se protéger du soleil », a-t-elle indiqué, affirmant que les rayons de soleil sont susceptibles de créer chez une personne atteinte d’albinisme un cancer de la peau.
Défendant la cause des personnes handicapées physiques et moteurs, Amafou Aristide, président de l’Association nationale des handicapés physiques de Côte d’Ivoire (ANAHP-CI) de Port-Bouët a relevé les difficultés des personnes en situation de handicap physique dont l’accès aux transports en communs. Il a également pointé du doigt la question de l’employabilité des personnes handicapées physiques.
Au nom des personnes sourdes, M. Toualy Kouadio, secrétaire de l’Association des sourds de Port-Bouët (ASOPB) a posé le problème de communication dû au déficit d’interprètes en langue des signes. Il a fait savoir que la convention internationale stipule que la personne sourde doit toujours avoir un interprète. Et d’ajouter que «les personnes sourdes ont besoin d’interprètes pour faciliter la communication » à tous les niveaux.
Bien qu’étant absentes à ce panel, un point d’honneur a été mis sur les préoccupations des personnes de petite taille. M. Djadji a, au nom de Mme Tina de l’association des personnes de petite taille de Port-Bouët, déclaré que les petites tailles ont aussi un problème d’accessibilité et de mobilité.
A noter que tous les points qui ont été relevés, au cours de ce panel, seront consignés dans un document qui sera remis aux autorités communales de Port-Bouët.
Marina N.







