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Côte d’Ivoire/ Adjudant Ebrotié Kouamé (ARMGCI) : « Nous espérons que notre Ministère de tutelle changera sa politique envers les personnes du 3ème âge»

Adjudant Ebrotié Kouamé est un gendarme à la retraite. Il est le 2ème vice-président de l’Association des militaires et gendarmes à la retraite de Côte d’Ivoire (ARMGCI). Dans cette interview accordée à Ivoirehandicaptv.net, il souhaite que le Ministère de l’Emploi et de la Protection sociale puisse revoir sa politique vis-à-vis des personnes âgées.

Qu’est-ce qui a motivé la création de l’Association des militaires et gendarmes à la retraite de Côte d’Ivoire ?

Les conditions de vie des militaires et gendarmes sont connues depuis longtemps. Le gendarme par exemple vit dans les villas lorsqu’il est en fonction. Puis brusquement quand vous partez à la retraite si vous n’avez pas eu la chance de construire une maison, vous vous retrouvez dans des situations difficiles et cette situation peut vous amenez à tout moment à réfléchir et cela devient une solitude. C’est ainsi que nous avons réfléchi et nous avons décidé de créer cette association qui prône le vivre ensemble vu que nous sommes intelligents et qu’ensemble nous sommes forts. Chaque fois nous nous réunissons quand le besoin se fait sentir.

Vos objectifs

Notre objectif principal s’oriente sur le social. Actuellement nous n’avons pas assez de moyens pour créer des activités génératrices de revenus et pour le moment nous nous aidons mutuellement en cotisant financièrement quand un membre a un souci. Nous ne voulons pas laisser le gendarme ou le militaire dans une situation de solitude dans un endroit. Pour éviter d’écourter notre vie, nous nous prenons en charge. Pour le moment nous faisons des démarches auprès des structures étatiques pour nous venir en aide et lorsque nous aurons des subventions de ces structures nous pourrions bien fonctionner. C’est la CGRAE seule qui nous subventionne. Elle fait beaucoup pour nous mais, ce que nous recevons ne peut pas nous permettre de mener des actions en dehors du volet social donc nous réservons cette aide pour le social.

Parlez-nous du fonctionnement de votre association.

Nous sommes bien structurés, nous avons un bureau constitué de commissions, d’un président, de 2 vice-présidents, un secrétariat composé de 2 secrétaires, d’une trésorerie composée de 2 comptables à la retraite. Nous sommes représentés à l’intérieur du pays. Nous avons une section que nous avons récemment installée à Yamoussoukro. Dans toutes les régions, nous avons des représentants pas au haut niveau mais des observateurs. Nous estimons qu’à partir du moment qu’ils ne sont pas regroupés en section, on ne peut pas trop les prendre en compte. Mais nous les invitons chaque fois que nous avons des activités histoire de les rassurer.

En quelle année cette association a-t-elle vu le jour ?

L’association a été créée depuis 2007. Il faut dire que depuis 2007, l’association ne fonctionnait pas normalement. Mais c’est depuis 2015 que l’association a pris son envol car nous avons mis les textes en forme. Nous sommes reconnus au Ministère de l’Intérieur. Nous avons véritablement travaillé avec la FARECI depuis l’avènement du président Kouassi Maturin.

Quelles sont activités ?

Très souvent nous organisons des sorties détente, soit au parc national de Banco ou à Bonoumin, à Tiassalé, Abengourou. Nous organisons des retrouvailles avec nos épouses et nos enfants. Nous avons un programme d’activité que nous faisons et nous nous attelons à le respecter.

D’où tirez-vous vos ressources ?

Nos ressources financières proviennent de nos cotisations mensuelles, des dons, des lègues et des subventions. Toutes les associations qui composent la FARECI reçoivent 6 millions de FCFA comme subvention. La FARECI reçoit 15 millions de FCFA. Nos subventions étaient de 3 millions avant que le président Maturin ne vienne relever le montant.

N’avez-vous pas de subvention de la part du votre Ministère de tutelle à savoir le Ministère de l’Emploi et de la Protection sociale ?

A ce jour, nous ne recevons pas de subvention de la part du Ministère de l’Emploi et de la protection sociale. Néanmoins, nous sommes toujours invités à leurs différentes cérémonies. Il faut dire que ce n’est pas suffisant. C’est notre Ministère de tutelle mais nous ne voyons pas concrètement ce qu’ils font. Nous pouvons même dire que c’est nous qui les servons. Car, quand ils organisent des cérémonies grandioses et que nous ne sommes pas là, ils ne peuvent pas les faire. Ne serait-ce que donner 3000 FCFA à un retraité, ils ne peuvent pas le faire. Je n’ai jamais été d’accord avec cela. C’est notre subvention qui nous fait vivre. En 2018, c’est le président de la République Alassane Ouattara qui nous a offert 5 000 000 FCFA. Notre ministre d’alors, feu Hamed Bakayoko nous avait offert 2 500 000 de FCFA pour nous soutenir. Le commandant supérieur de la Gendarmerie nous vient de temps en temps en aide. En 2018, Touré Sékou, l’ex-chef d’Etat-major nous avait donné du matériel informatique accompagné d’une somme d’argent. Ce qu’il faut retenir, nous ne pouvons pas nous baser sur ces dons ponctuels pour faire des programmes d’activité car, ils ne sont pas réguliers.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la nouvelle équipe du Ministère de l’Emploi et de la Protection sociale ?

Nous espérons que la nouvelle équipe au niveau de notre ministère de tutelle changera sa politique envers les personnes du 3ème âge. Nous leur avons envoyé une lettre de félicitation. Nous pensons que l’Etat est une continuité et nous pensons que les choses ne pourront pas changer. Toutes les associations qui sont affiliées à la FARECI sont reconnues par le ministère de tutelle.

Avez-vous des activités en vue ?

Notre assemblée générale élective est prévue pour le mois de décembre. Nous voulons faire de grandes choses. Par exemple, ce sont les gendarmes qui ont été les premiers motards en Côte d’Ivoire et pourquoi ne pas créer une structure de motards gérée par les anciens motards pour accompagner les autorités car, les gens en demandent. Nous avons les idées mais, nous n’avons pas les moyens. Parmi nous, il y a eu de grands enquêteurs et comme cela se fait en France, pourquoi ne pas créer ce genre de structure.

Interview réalisée par Marina N.

Commentaires

Marina Nouan

Marina Nouan Gbahi, Journaliste
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