ActualitésSensibilisation au handicap

Côte d’Ivoire/Père Yohou Pascal (Administrateur RACH Gagnoa): « Nous devons regarder les personnes en situation de handicap avec un oeil valorisant »

Centre de prise en charge pour aider les personnes vulnérables et particulièrement les personnes souffrant de handicap, Réhabilitation Assise Communautaire des handicapés de Gagnoa (RACH) est une structure à caractère social, associative et communautaire qui a pour objectif de sensibiliser au maximum toute la communauté sur les maladies handicapantes et le comportement à adopter ou à avoir vis-à-vis des personnes qui vivent un quelconque handicap.

Administré depuis 2010 par le Père Hugues Pascal Yohou, Curé à la Cathédrale Sainte-Anne de Gagnoa et depuis 4 ans, Vicaire général de l’archidiocèse de la dite ville, ce centre compte en son sein plusieurs unités qui s’occupent des personnes souhaitant avoir des soins et des personnes handicapées.

« Nous avons l’unité ophtalmologique, pour toutes les maladies des yeux, la salle d’acuité visuelle, la salle de consultation, un bloc opératoire (agréé par l’état) où se passent les interventions chirurgicales oculaires, il y a RACH optique, c’est là où nous avons toutes les lunettes, l’unité ORL qui s’occupe de tout ce qui est maladie des oreilles, de la bouche, de la gorge… Dans l’unité ORL, nous aidons surtout les enfants, nous recevons également de grandes personnes. Nous les aidons dans le dépistage de ces maladies et dans la sensibilisation. Nous possédons aussi l’unité santé mentale, nous nous occupons de tous ces malades mentaux et surtout nous avons l’option de la maladie qu’on appelle épilepsie, nous disons que nous pouvons aider ces personnes en leur permettant de prendre leurs médiacaments et cela pourrait leur éviter les crises épileptiques. Aussi, il y a l’unité école-intégratrice qui prend en compte tous ces enfants atardés mentaux, tous ces enfants mongoles, tous ces enfants qui ont des difficultés de l’audition, de la parole. Ici, notre agent leur apprend le langage gestuel, à parler et à faire un peu de ce que les enfants dits normaux font. Nous avons également la réinsertion socio-économique, c’est là que nous avons un agent social qui nous aide à étudier les cas sociaux qui s’adressent à la RACH. Il existe l’unité de réeducation fonctionelle, nous réhabilitons nos frères handicapés qui n’ont pas la mobilité de leurs membres, les enfants imc. Quant à l’unité orthopédique, nous faisons des chaussures, des appareils orthopédiques pour les aider à se tenir débout pour vaquer à leur occupation. Enfin, nous avons l’unité réhabilitation à base communautaire (RBC), cette unité est le noeud de toute la RACH, c’est le coeur de la RACH, toute la stratégie de la RACH repose dans la RBC. Avec la RBC, nous avons l’occasion d’aller jusqu’au millieu de la population pour pouvoir la sensibiliser dans toutes ces couches. si nous avons un handicapé dans un village, la RACH à le droit non seulement d’avoir accès à cet handicapé mais d’aller rencontrer le chef du village et d’amener à le raisonner à prendre en compte cette personne qui porte un handicap dans son village. la RBC, c’est l’unité qui nous envoie sur le terrain avec des moniteurs dans les villages qui font les évaluations, les dépistages et les suivis », a souligné l’administrateur de RACH.

Ajoutant que le centre a « embauché plusieurs épileptiques réhabilités et qui aujourd’hui sont responsables et qui ont leur famille ».

Selon l’administrateur de ce centre, la politique sociale en Côte d’Ivoire et spécifiquement pour les handicapés est bonne et a un bon élan.

« Il y a déjà un bon élan qui est pris dans la mesure ou pour nous autres qui avons des structures dans ce domaine, l’état nous donne quelques agents mais il y’a encore à faire. on peut encore renforcer en ne regardant pas les personnes vivant avec handicap avec un complexe soit d’infériorité ou de supériorité. pour moi, je trouve que les quelques faveurs qui leurs sont faites dans cette politique sociale c’est un peu les voir encore dans un certain complexe. Je pense qu’il y’a à les valoriser réellement. ce n’est pas parce qu’il est une personne vivant avec un handicap qu’il faut l’aider, lui même est capable de se prendre en charge pourvu simplement qu’on le regarde avec l’oeil valorisant », a précisé le Père Curé Yohou Pascal.

« J’encourage nos dirigeants non seulement à soutenir toutes ces structures parce qu’aujourd’hui, nous fonctionnons sous fonds propres, on n’a plus de bailleurs. C’est vrai que l’état nous a donné quelques fonctionnaires mais, nous avons encore besoin d’opthamologues, de kiné, de orl, de spécialistes pour pouvoir nous aider. Quand nous allons dans tous ces villages et que nous découvrons ces frères et ces soeurs qui ont droit à la santé et qui vivent avec cet handicap, nous avons besoins d’être soutenu. J‘encourage l’état a continuer à soutenir nos frères et soeurs vivant avec handicap mais surtout à les valoriser », a-t-il conclût.

Créée par le père Alibe, en son temps Curé à Guiberoua et Directeur pays du Bureau international de l’enfance catholique (BICE), la RACH Gagnoa a été portée sur les fonds baptismaux en août 1990, avec une grande messe à la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan en présence du Président feu Félix Houphouët Boigny. La RACH est une association communautaire avec un conseil d’administration composé d’un Administrateur ou Coordinateur qui représente l’archevêque de Gagnoa et des entités comme la Fédération des églises évangéliques de Côte d’Ivoire(FEECI), l’archidiocèse de Gagnoa, les Frères du Sacré coeur, les Soeurs Notre Dame de la Charité d’Evron et les handicapés eux mêmes, qui sont représentés par deux personnes au sein du conseil d’administration.

DSM

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