COVID-19: La direction de l’Institut ivoirien des aveugles met ses pensionnaires dehors

C’est un calme inhabituel qui règne à l’Institut Ivoirien pour la Promotion des Aveugles (INIPA) situé dans la commune de Yopougon.
La raison, la direction de L’INIPA a décidé de libérer tous les pensionnaires pour éviter une contagion au sein de cet établissement public spécialisé, créé en 1974 par le président Félix Houphouët-Boigny.
Les principales victimes de cette décision liée au Covid-19 sont les 163 enfants aveugles et malvoyants résidents à l’internat sis au sein de l’INIPA. Tous ont été invités par la direction à regagner leurs familles pour ceux qui en ont à Abidjan. Les moins chanceux ont été obligés de rejoindre les villes et villages de l’intérieur du pays dès l’annonce de la fermeture des écoles.
Conséquence, plusieurs enfants sont privés des 3 repas quotidiens et de l’assistance médico-social que leur offraient gratuitement les autorités ivoiriennes jusqu’à la réouverture des écoles.
Désormais en famille ou chez des tuteurs de circonstance, ces enfants vulnérables habitués à la protection du ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales devront affronter le monde extérieur en cette période où les ressources financières se raréfient au sein des cellules familiales.
Des parents d’enfants aveugles joint jugent inappropriée la décision des responsables de l’INIPA de vider l’internat.
Pour eux, libérer les enfants en pleine crise à coronavirus à impact financier est difficile à supporter pour les familles. Surtout que l’Institut bénéficie d’un appui solide de l’État et des nombreux partenaires pour la prise en charge efficace des enfants.
Le directeur de l’INIPA, M. Pokou Koamenan invite les parents à éviter de créer la polémique autour de cette décision mais plutôt à s’aligner sur les mesures gouvernementales qui exigeaient la fermeture des écoles.
» Nous avons fermé l’école et l’internat sous ordre de notre tutelle. Nous ne pouvons pas prendre le risque de garder les enfants quand on sait que les enseignants et éducateurs spécialisés ne résident pas au sein de l’Institut. Imaginons que l’un des encadreurs importe le virus au sein de l’INIPA. Ce serait la catastrophe pour des enfants qui ont pour habitude de tout faire ensemble », indique Pokou Koamenan.
Le premier responsable de l’INIPA a demandé aux parents de ne pas fuir leur responsabilité. » Ces enfants ont la famille et c’est leur premier maillon de socialisation. Que les parents mettent à profit ce moment pour passer de bons temps avec leurs progénitures car au finale, ces enfants ne sont pas destinés à rester des pensionnaires éternels de l’INIPA, puisque l’âge limite de prise en charge est fixé à 30 ans. Qu’ils soient rassurés, si nous recevons des dons, nous leur ferons parvenir pour les soulager », indique M. Pokou.
Notons que depuis la prise de fonction de M.Pokou Koamenan en qualité de Directeur de l’INIPA le 21 novembre 2006, les pensionnaires ont été invités à rentrer en famille chaque week-ends. Une chose qui n’est pas du goût des parents d’enfants aveugles car pour eux, cet établissement à caractère spécifique a été créé pour une prise en charge total des personnes vulnérables même en période de crise sanitaire.
Un argumentaire qui sonne comme une fuite en avant pour le premier responsable de l’INIPA.
» Les week-ends les enfants continueront de rentrer en famille même après la crise car ils ont besoin de cette chaleur parentale », conclut M. Pokou Kooamenan.
Dimitry Chrysostome







