Entretien/La présidente de l’Association Autismes Côte d’Ivoire aux parents: « N’ayez pas honte du handicap de vos enfants »

L’autisme est un trouble du développement qui réduit la capacité à communiquer et à interagir des personnes qui en sont atteintes. Les symptômes les plus courants sont des difficultés à communiquer et à appréhender les interactions sociales. ATTE Paule Valérie est mère d’un enfant autiste et présidente de l’Association Autismes Côte d’Ivoire. Dans cet entretien elle parle de son association, des défis à relever et lance un appel aux parents mais aussi à l’ensemble des citoyens sur la nécessité d’éviter de stigmatiser les enfants souffrant de ce trouble.
Ivoirehandicaptv.net : Pouvez-vous présenter l’Association Autismes Côte d’Ivoire que vous dirigez?
ATTE Paule Valérie : L’Association Autismes Côte d’Ivoire ayant pour sigle « 2ACI » a été fondée le 20 janvier 2018 par des professionnels, parents d’enfants avec trouble du spectre autistique (TSA), amis et sympathisants. L’association est administrée par un bureau composé de parents et de professionnels avec une orientation sociale et scientifique ayant des valeurs fondamentales telles que la solidarité, le respect de la personne handicapée pour un projet de vie individualisé, digne et ambitieux pour toute personne souffrante de TSA. Nous avons appelé cette association Autismes Côte d’Ivoire parce que nous sommes en Côte d’Ivoire, ce sont les réalités de l’autisme dans ce pays que nous vivons et que nous essayons d’améliorer. Notre association fonctionne sur fond propre et sur des dons de nos partenaires qui nous assistent financièrement et matériellement dans l’exécution de nos activités.
Quelles sont vos activités principales ?
APV : Nos activités principales durant ces deux dernières années ont consisté à : Accompagner le développement de la formation des professionnels (médecins, paramédicaux ; psychologues, travailleurs sociaux, enseignants etc.) dans le domaine de l’autisme ; Accompagner les parents par l’organisation de formations portant sur l’autisme; Assistance aux centres publics par l’achat de matériel et de tests nécessaire à la prise en charge des enfants autistes ; Et enfin une sensibilisation à grand échelle en vue de faire connaitre l’autisme en Côte d’Ivoire.
Quel bilan pouvez-vous faire des actions menées sur le terrain depuis votre création ?
APV : Depuis la création de notre association, nous pouvons dire que notre bilan est positif parce que grâce à notre association et à nos partenaires, le seul centre public qui s’occupe uniquement des enfants autistes a du matériel adéquat pour une meilleure prise en charge. Nous espérons faire plus. Nous avons pu également pour une première fois en Côte d’Ivoire célébrer la journée officielle de sensibilisation à l’autiste l’année passée en 2019. Nous remercions infiniment notre partenaire qui nous accompagne dans toutes nos actions.
A combien peut-on évaluer les personnes autistes en Côte d’Ivoire?
APV : Franchement, je ne peux vous répondre car nous n’avons fait aucune étude à cet effet. Nous sommes en train de nous organiser en vue de le faire car cela nous permettra d’avoir une boussole pour mieux orienter nos activités.
En Côte d’Ivoire qu’est est fait concrètement pour aider les personnes autistes?
APV : Il faut dire qu’au niveau étatique il n’y a pas d’actions concrètes sur le terrain. Notre association va à son rythme, Nous posons des actions selon nos faibles moyens. Nous constatons surtout peu d’engouement des parents d’enfants vivant de Troubles du spectre autistique (TSA). Notre but principal est d’aider les enfants, adolescents et adultes atteints de TSA et leurs familles. Pour y arriver, il faudrait en premier lieu faire connaitre l’autisme en Côte d’Ivoire, que les parents concernés soient plus visibles dans les actions de sensibilisations et obtenir de nos gouvernants un accompagnement sur ce sujet tant dans le secteur médical, éducatif et social.
Quel appel pouvez-vous lancer ?
APV : Mon premier appel s’adresse aux parents d’enfants autistes : n’ayez pas honte du handicap de vos enfants, venez nous rejoindre afin que nous soyons unis et nombreux pour nous faire entendre par nos gouvernants et faire accepter nos enfants dans notre société. Mon deuxième appel s’adresse à nos gouvernants : nous avons besoin d’une politique de prise en charge de l’autisme à moindre coût en Côte d’Ivoire afin qu’elle soit accessible à toutes les couches sociales. Mon dernier appel s’adresse à la population ivoirienne : nos enfants sont certes différents ; tous les hommes sont différents à plusieurs niveaux mais sont tous égaux. En s’acceptant nous rendons le monde meilleur.
Marina N.







