Inclusion des personnes sourdes : L’ANASOCI plaide pour la reconnaissance officielle des langues des signes
La question de la langue des signes reste au centre des préoccupations des organisations défendant les droits des personnes sourdes en Côte d’Ivoire. Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue au siège de l'Association Nationale des Sourds de Côte d’Ivoire (ANASOCI) à Yopougon-Siporex, Boni Maho Albert, président du Conseil d’Administration (PCA) de l'ANASOCI, et Ouattara Yegueleworo, Chef de Projet, ont réaffirmé l'importance cruciale de la langue des signes pour assurer la pleine participation des personnes sourdes dans la société.

La reconnaissance légale de la langue des signes apparaît désormais comme une nécessité pressante. Ce sujet sera particulièrement mis en avant lors de la célébration officielle de la Journée Internationale des langues des Signes, qui se tiendra le 28 septembre 2024, à Bouaké, en concomitance avec la Semaine Internationale des personnes sourdes.

Boni Maho Albert a également tenu à exprimer la gratitude de la communauté des sourds à des institutions et organisations qui soutiennent l’ANASOCI. Dans ses mots : « Nous sommes reconnaissants envers la Danish Deaf Association (DDL) du Danemark, qui finance et accompagne l’ANASOCI dans la mise en œuvre des activités du projet WCARS, ainsi qu’envers la Ghana National Association of the Deaf pour son appui technique, et à nos partenaires gouvernementaux comme Adama Kamara, Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, et Kandia Camara, présidente du Sénat. »
Valoriser la diversité humaine
Ouattara Yegueleworo a quant à lui insisté sur le fait que reconnaître et promouvoir les langues des signes, c’est également reconnaître la diversité humaine et œuvrer pour une société plus juste et inclusive. Il a expliqué que « les langues des signes ne sont pas simplement des outils de communication. Elles forment le socle de l’identité sourde, transmettent un patrimoine culturel unique et garantissent l’accès à tous les aspects de la vie en société, y compris l’éducation, l’information, la justice, l’emploi et la santé. »

Mobilisation et appel à l’action
Le plaidoyer pour la reconnaissance officielle de la langue des signes comme langue à part entière prend de l’ampleur. Yegueleworo a souligné la nécessité d’une éducation bilingue de qualité, permettant aux enfants sourds d’apprendre la langue des signes dès leur plus jeune âge. « Mobilisons-nous pour enseigner les langues des signes dès le départ, afin que les enfants sourds puissent s’épanouir dans leur langue maternelle et bénéficier d’une éducation de qualité », a-t-il déclaré.

Avec le soutien de la Danish Deaf Association et en collaboration avec la Ghana National Association of the Deaf, l’ANASOCI prévoit une activité de sensibilisation pour le public et les autorités le 28 septembre 2024, à Bouaké. Le thème choisi pour cette année est : « Mobilisons-nous pour les droits des langues des signes ».
Les objectifs demeurent donc clairs : promouvoir la reconnaissance officielle de la langue des signes, garantir l’accès aux services publics et sensibiliser la population à la culture sourde à travers la formation en langue des signes, des programmes éducatifs, des activités culturelles et sportives, ainsi que des actions de plaidoyer. En favorisant une société inclusive, l’ANASOCI entend faire des devises « Rien pour nous sans nous » et « Ne laissez personne derrière vous » une réalité palpable. Cette rencontre rappelons-le a vu la participation Mamadou Soumahoro, représentant la Directrice de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH), de Kouman Kouadio, vice-président de l’ONG ONPHACI ainsi que d’autres associations.
Guy Martial KOUASSI







