ActualitésSport

Les Jeux paralympiques se dérouleront aussi sur fond de pandémie de Covid-19

Alors que les Jeux paralympiques débutent le mardi 24 août, la ville de Tokyo est toujours en état d’urgence sanitaire. Les organisateurs, qui promettaient une compétition inoubliable il y a cinq ans, vont devoir faire en sorte que les Paralympiques se passent dans les meilleures conditions possibles.

« J’espère que tout va bien se passer. Surtout je ne veux pas attraper le coronavirus pour ne pas gâcher mon séjour », raconte l’air un peu fébrile une ancienne athlète de tennis de table qui a participé aux Jeux paralympiques d’Athènes, Pékin, et Londres. À Tokyo, la jeune femme aux cheveux blonds très courts va vivre sa quatrième olympiade, cette fois comme consultante pour une web-télévision.

Tokyo, ou la promesse de Jeux paralympiques inoubliables

« Tout va bien se passer », lui répond gentiment une athlète américaine de basket fauteuil, regrettant tout de même cette situation sanitaire qui force les participants à rester dans une bulle et à ne pas se mélanger au reste de la population. Les compétitions se dérouleront la plupart du temps à huis clos.

Il y a cinq ans, alors que Rio passait le flambeau, Tokyo promettait des Jeux paralympiques inoubliables, assurant vouloir dépasser largement le nombre de spectateurs qui avaient pris place dans les gradins de la Cité merveilleuse au Brésil. Mais c’était bien avant le début de la crise du coronavirus.

Un pays fermé pour cause de pandémie

Aujourd’hui, la métropole japonaise qui avoisine les 14 millions d’habitants intra-muros est toujours en état d’urgence sanitaire ; celui-ci est d’ailleurs prolongé jusqu’au 12 septembre. Mis à part l’arrivée des participants aux Jeux, les deux aéroports de la capitale japonaise sont aussi vides qu’une station balnéaire du sud de la France en plein hiver.

Ici, le tourisme est au point mort et même les expatriés qui reviennent de vacances doivent passer trois jours dans un hôtel choisi par les autorités avant d’observer une quarantaine à domicile. Venir visiter le Japon pour admirer entre autre le mont Fuji n’est pas d’actualité. Tout est fait pour dissuader les gens d’entrer ou sortir du pays.

Une gestion de crise aléatoire

Le nombre d’infections quotidiennes a dépassé les 25 000 au niveau national pour la première fois jeudi 19 août, et le nombre de patients en état grave atteignait également des sommets dans l’Archipel, touché depuis juin par une cinquième vague de coronavirus. À Tokyo, plus de 80% des lits de soins intensifs sont déjà occupés. Les autorités doivent faire aussi face à une pénurie de personnel médical. Surtout, l’État japonais n’est pas réputé pour sa gestion de crise, en témoigne le tremblement de terre de Kobe en 1995 ou encore la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011.

Pourtant, le télétravail n’a pas bonne presse et les transports en commun sont bondés aux heures de pointe. Selon notre correspondant à Tokyo, les habitants de Tokyo et sa région vivent souvent dans des appartements exigus, sans climatisation, et préfèrent se rendre au travail.

Un système hospitalier tendu

La flamme olympique a tout de même été installée au bord de la baie de Tokyo, alors que la cérémonie d’ouverture approche. Face à cette situation, les organisateurs des Jeux paralympiques ont appelé tous les participants à suivre scrupuleusement les strictes mesures sanitaires mises en place et à ne pas relâcher leur vigilance.

« La situation infectieuse est différente de ce qu’elle était avant les JO. Elle s’est détériorée », a indiqué Hidemasa Nakamura, un responsable du Comité d’organisation de Tokyo 2020. « Le système hospitalier local est aussi dans une situation très tendue », a-t-il déclaré à la presse après une réunion d’experts sanitaires. Sur les sites de compétitions on s’active quand même pour être prêt le Jour J.

Dans les rues de Tokyo, on se presse toujours avec un masque chirurgical sur le visage et la cité se vide rapidement en début de soirée alors que les restaurants et lieux de sociabilisation sont invités à fermer leurs portes à 20 heures. Seuls quelques quartiers restent animés.

Une lumière au bout du sombre tunnel

Les Jeux paralympiques, qui doivent s’ouvrir mardi 24 août et réunir 4 400 sportifs de 160 pays engagés dans 22 sports, se tiendront donc dans une ambiance particulière.

Pourtant, dans un sondage assez récent, la population s’est montrée moins hostile face à l’événement qu’elle ne l’avait été au moment des JO. Les athlètes seront parfois soutenus par des écoliers. Le gouvernement japonais souhaite sensibiliser une nouvelle génération au handicap.

Les Jeux paralympiques montreront qu’il « y a une lumière au bout du sombre tunnel que nous avons tous traversé ces vingt derniers mois », a assuré Andrew Parsons, le président du Comité international paralympique. Les organisateurs affirment que les JO n’ont pas aggravé la pandémie au Japon, avec environ 600 cas recensés parmi des dizaines de milliers de sportifs. Au total, ce sont environ cent mille personnes de deux cent pays différents qui sont venus à Tokyo pour les JO. Deux fois moins que d’habitude. Pour les Jeux paralympiques, le chiffre sera bien inférieur.

Source : RFI

 

Commentaires

Marina Nouan

Marina Nouan Gbahi, Journaliste
Bouton retour en haut de la page
X