Mamadou-Vehi Sita Audrey Flore (ONG Happy Mum’s): «mon engagement aux côtés des jeunes filles mères abandonnées»
Mamadou-Vehi Sita Audrey Flore est logisticienne de formation, mère d'un enfant. Elle est une grande passionnée de la cause de la femme et de l'entreprenariat. Elle est aussi présidente de l’ONG Happy Mum’s. Dans un entretien accordé à Ivoirehandicaptv.net, elle parle de son engagement pour la cause des jeunes filles mères abandonnées.
Qu’est-ce qui a motivé la création de l’ONG Happy Mum’s et depuis combien d’années existe-t-elle ?
D’après une étude de l’OMS, dans le monde 194 filles meurent chaque jour des suites d’une grossesse précoce, mais avec de fortes disparités régionales dans les pays en voie de développement. En Côte d’Ivoire, on constate que d’année en année de nombreuses jeunes filles se retrouvent abandonnées avec des grossesses précoces et dans des conditions extrêmement difficiles. Le manque d’information et d’éducation sexuelle, le non accès aux contraceptions font partie des principales raisons de cette croissance. Cette situation m’a conduite avec certaines amies à trouver une solution. D’où la création de l’ONG Happy Mum’s en 2019.
Pourquoi avez-vous fait le choix d’appeler votre ONG Happy Mum’s et quelles sont les missions que vous vous êtes assignées ?
Ces jeunes filles enceintes abandonnées, se retrouvent souvent dans une dépression et se voient juger par elles-mêmes. La grossesse étant déjà présente, le plus important est de s’assumer et d’avoir la joie de porter la grossesse. Être maman est le plus beau cadeau que la vie pourra nous offrir, peu importe les difficultés que nous traversons, en tant que maman, nous méritons d’être heureuse. L’appellation Happy Mum’s pour notre ONG est de rappeler à ces jeunes filles qui sont dans des situations difficiles qu’une mère doit être heureuse avec le minimum qu’elle a pour pouvoir mieux prendre soin de son enfant et d’elle-même. La mission première de Happy Mum’s est de venir en aide à ses jeunes filles mères abandonnées à travers l’apprentissage de métiers, l’entrepreneuriat, le soutien moral et l’éducation. Cette mission abonde dans le même sens que celui de notre seconde mission qui est d’éduquer en amont les jeunes filles pour éviter les grossesses précoces.
Peut-on avoir un bref bilan des activités que vous avez déjà menées ?
Happy Mum’s a un bilan positif avec 13 activités dont sept en milieu rural et six en milieu urbain. La cible de ces activités reste les jeunes mères seules en condition de précarité et les enfants. Avec la campagne de sensibilisation sur la gestion de l’hygiène menstruelle c’est près de 600 jeunes filles qui ont bénéficié de conseils sur la menstruation mais également sur les risques de grossesses précoces.
D’où Happy Mum’s tire-t-elle ses ressources financières ?
Nous avons régulièrement des difficultés à réunir les moyens financiers pour l’exécution de nos activités parce que notre source de revenu vient uniquement des cotisations des membres et des dons des particuliers. Ce manque de ressource financière a un impact sur l’accomplissement de nos objectifs et de notre mission. Mais comme le dit l’adage, mieux vaut quelque chose que rien. Happy Mum’s espère obtenir des financements privés ou publics pour l’aider à avoir un impact plus conséquent.

Depuis votre existence, quels sont les projets déjà réalisés et quels sont ceux qui sont à venir ?
Depuis 2019, Happy Mum’s a réalisé plusieurs projets qui s’alignent avec ses missions. Nous pouvons citer entre autres: L’enquête sur la condition des jeunes mères célibataires dans les zones défavorisées en milieu rural mais également dans les grandes villes. Ce projet consistait à s’intégrer dans le monde des jeunes mères abandonnées afin de connaître leurs réalités et d’identifier leurs besoins. Depuis Septembre 2020 nous avons lancé une campagne de sensibilisation sur la gestion de l’hygiène menstruelle en milieu rural dans le village de Motiamo à 7km de la ville de BONDOUKOU. L’objectif est de sensibiliser les jeunes filles des milieux ruraux sur la gestion de l’hygiène menstruelle et enfin sensibiliser sur les risques de grossesses précoces et à nous rapprocher des jeunes filles. C’est pour le moment quatre villages de la Côte D’ivoire (Octobre 2020 : Djimini-koffikro, Adiaké ; Décembre 2020 Sagbadou , Assinie ; Février 2021 Kouassi-Kouassikro, Axe Bocanda ) qui ont accueillis la journée de sensibilisation sur la gestion de l’hygiène menstruelle. L’organisation d’un Meet up qui avait pour thème : AUTONOMISATION DE LA JEUNE FILLE MÈRE. Nous avons eu la participation de soixante (60) personnes. Le marché de noël nommé Plateau Christmas Week 2019, qui avait pour objectif de collecter des fonds pour offrir des cadeaux de noël aux enfants de Taboué. En novembre 2020, Nous avons organisé à l’occasion de la journée international des droits des enfants : une visite guidée de la radiotélévision ivoirienne (RTI BOUAKÉ), de HOTEL MON AFRIK et de la radio Média + car les enfants ont aussi droits aux loisirs. Les projets à venir sont dans la même veine que ceux déjà entamé pour 2021, sillonner la Côte D’ivoire pour sensibiliser plus de jeunes filles.
Depuis le 3 février dernier vous avez lancé une opération de collecte de kits d’hygiène. En quoi consiste-t-elle concrètement ?
A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous voulons marquer le coup différemment en sensibilisant les jeunes filles en milieu rural sur le droit au bien-être et également sur l’éducation d’avoir une hygiène saine. À la fin de la journée nous distribuerons aux jeunes filles les kits hygiènes collectés. Un kit d’hygiène est composé d’une brosse à dent, du dentifrice, de la poudre à laver, du savon, de l’eau de Cologne, de l’eau de javel et des serviettes hygiéniques.
Vous qui exercez dans le social, pouvez-vous dire que le social est une réalité en Côte d’Ivoire?
Je dirais qu’il y a beaucoup à faire encore dans le domaine du social ivoirien car les ONG pour la plupart fonctionnent sous fonds propres sans véritable soutien.
Marina N.







