Tchad : le fils pour succéder au père
« Le président tchadien IdrissDéby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, est décédé des suites de blessures reçues alors qu’il commandait son armée dans des combats contre des rebelles dans le nord durant le week-end, a annoncé le porte-parole sur la télévision d’État tchadienne. Désormais, c’est sa succession qui est au cœur des débats où le nom de son fils, Mahamat Idriss Déby Itno revient avec insistance.
Selon plusieurs sources sur le terrain, c’est Mahamat Idriss Déby qui va succéder à son père en prenant la présidence d’un conseil militaire mis sur pied pour une durée de 18 mois. Le gouvernement et l’Assemblée nationale sont dissouts à cet effet. (Voir la liste complète des membres du comité militaire)

Jusqu’à sa nomination, fin janvier, au poste de commandant en second des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim), le benjamin des généraux tchadiens était moins connu que son frère, Zakaria Idriss Déby Itno, directeur adjoint du cabinet civil à la présidence. Mais son père a toujours veillé sur lui. C’est la mère du chef de l’État qui l’a élevé. D’où son surnom : Mahamat Kaka – kaka signifiant « grand-mère » en arabe tchadien. Le jeune homme a d’abord suivi les cours du Groupement des écoles militaires interarmées du Tchad. Puis il s’est inscrit en France, au lycée militaire d’Aix-en-Provence – où il n’est resté que trois mois. Dès son retour au pays, son père l’a versé dans la Direction générale de service de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), la garde présidentielle

« Ce n’est pas un fils à papa. Il est poli et respectueux », dit l’un de ses anciens tuteurs. « Sur le terrain, il fait l’effort de ne pas apparaître comme le vrai chef pour ne vexer personne », précise un reporter qui l’a croisé à Kidal il y a peu. Mahamat Idriss Déby Itno, 29 ans (à l’époque, 2013), est un homme discret. Au téléphone, il répond par des phrases courtes. « Vous êtes toujours à Aguelhok ? – Je suis en mouvement. » Puis, d’un ton amusé : « Mais vous êtes bien curieux ! »…
Eugène YOBOUET (Source : camerounweb.com)







