TECHNOLOGIES D’ASSISTANCE : UN NOUVEL ESPOIR POUR LES PERSONNES HANDICAPEES
En Côte d’Ivoire, rares sont les hôpitaux qui ont inscrit la problématique du handicap dans leur projet d’établissement. En effet, pour ainsi répondre à ce besoin de la population, notre pays a procédé à la mise en place suite à une évaluation, d’un plan national de développement de la réadaptation et des technologies d’assistance. Ce plan, selon les initiateurs faciliterait et favoriserait l’intégration et la participation, en particulier des personnes handicapées, des personnes âgées et des personnes atteintes de maladies non transmissibles. Quels sont donc les objectifs de ces technologies d’assistance, quel est l’état des lieux de la réadaptation en Côte d’Ivoire et comment arriver à sa mise en place ?

Visite du centre d’appareillage Vivre Débout Beaucoup d’ivoiriens ignorent que des prestations d’appareillages et d’outillage sont possibles près de chez eux et pourtant, un personnel qualifié travaille au centre Vivre Débout pour rendre la mobilité aux personnes handicapées et améliorer leur vie. En effet, crée en 2000, par des professionnels de la santé et en partenariat avec l’Association Handicap international Belgique, ce centre a été mis à la disposition du CHU de Yopougon et du CHR de Bouaké. Il est spécialisé dans la fabrication de prothèses de membres inférieurs et supérieurs, d’orthèses et de grands appareillages orthopédiques sur mesure. Le centre d’appareillage Vivre Débout insiste sur un modèle réadaptatif et fonctionnel et fait bénéficier un accompagnement de marche associant confort, esthétisme mais aussi fonctionnalité aux personnes handicapées.
Mardi 21 février 2023. Il est 10h15. L’espace affrété pour la rééducation des patients du centre d’appareillage Vivre Débout, situé au centre hospitalier de Yopougon (CHU), juste derrière le service de réadaptation du CHU est bondé de monde. Certains s’exercent à la marche sans aide avec leur prothèse et d’autres, à l’aide des prothèse en s’appuyant sur les barres de fer pour avancer. Parmi ces patients, nous avons des personnes amputées d’un ou des deux membres inférieurs, des personnes amputées d’un membre supérieur, des enfants atteints de handicap intellectuel et visiblement instable…
Ibrahim O, ex-conducteur de car de transport a été victime d’un accident de la circulation en 2022. Amputé des deux membres inférieurs au niveau de la cuisse, Ibrahim est très motivé dans la pratique de ces exercices de rééducation.
« Je compte rentrer au Burkina avant la fin de l’année. Ce n’est pas facile mais, je suis donc décidé à pouvoir marcher seul avec ces prothèses afin d’être véritablement autonome », a indiqué Ibrahim avec les encouragements de certaines personnes venues accompagnées des patients.
Dame M.Y, en compagnie de son fils, en situation de handicap mental est également présente pour la rééducation de sa progéniture. Apparemment instable, elle l’aide à s’appuyer sur les barres de fer pour marcher. Nous observons un directeur au four et au moulin, proche des patients, tout en sueur, qui aide et motive certains dans la marche que nous avons rencontré sur le site.
« Vas-y doucement ! tu peux y arriver. Si tu te sens fatigué, ne force pas car, les choses viendront tout doucement », indique le premier responsable du site.
A la tête de cette structure depuis 2019, Cissé Ali, orthophoniste de formation est un passionné et fait partie des précurseurs en matière de réadaptation en Côte d’Ivoire. « Depuis 10 ans, j’ai été le responsable technique de Vivre Débout. Chez nous, le handicap physique n’est pas un obstacle à l’épanouissement d’une personne. Au centre d’appareillage vivre débout, l’autonomie des personnes handicapées reste la base de leur insertion sociale. Plus de 500 000 patients reçus depuis la mise en place de ce centre en 2000 », nous a-t-il fait savoir.
Un atelier qui conçoit plusieurs appareils
Encore très peu de personnes handicapées bénéficient d’aides techniques et de technologies fonctionnelles. Le centre vivre débout est donc à la croisée des chemins. Dans ce site, une chaine complète de spécialistes s’active à prendre en charge chaque patient pour concevoir de manière toujours individualisée soit une orthèse (pour compenser une fonction de mobilité ou assister une articulation ou un muscle), soit une prothèse (pour remplacer un membre absent). Cet atelier conçoit des prothèses de membres supérieurs et inférieurs, des orthèses de membres supérieurs et inférieurs, des verticalisateurs, des corsets, des corsets-sièges, des flèches… Il met aussi à la disposition des aides techniques de marche telles que les béquilles, les déambulateurs, les cannes anglaises et les aides techniques roulant notamment les fauteuils roulants. Aux murs, il y a des outils comme des scies, des tournevis, des pinces. Mais aussi sur les étagères et dans les armoires des stocks impressionnants de différentes matières premières notamment des plâtres, des métaux, des silicones. Simple corset ou prothèse ultra sophistiquée, ici, tout devient possible : remplacer un pied, une main ou soutenir un membre défaillant… À chaque fois, selon le degré de handicap et le niveau d’amputation, l’équipe, toujours en duo avec le patient, sait trouver la meilleure solution, la plus adaptée.
« Ici, nous prodiguons un maximum de soins dans un seul et même lieu et fabriquons de nombreuses prothèses par an », résume Cissé Ali, le directeur du centre.
Nouveau bâtiment adapté de kinésithérapie
Inauguré en décembre 2022, ce nouveau site bâti sur une superficie de 200 m2 est un don du club Rotary d’Abidjan-Cocody, partenaire dudit centre depuis plus de 10 ans. D’une valeur de 70 millions de Francs CFA, ce site permettra de traiter les malades dans des conditions plus hygiéniques. C’est un bâtiment équipé et opérationnel composé de plusieurs salles, notamment de salle biomécanique, de réentrainement, de massage, vestiaires. Pour le président exécutif de Vivre debout, Ali Cissé, cette infrastructure est une bouffée d’oxygène qui vient combler le cadre exigu dans lequel les malades étaient exposés et permettra de prendre plusieurs patients en charge et dans un temps record.
« Notre ambition est de s’installer partout où il y a une structure de santé et au travers de cette structure, nous voulons nous rapprocher des populations. Parce que, quand on parle d’accessibilité, il faut prendre en compte la proximité des structures par rapport aux bénéficiaires et aux coûts. D’où l’approche de nous retrouver dans une structure sanitaire publique. Et comme la prise en charge est pluridisciplinaire, nous nous arrangeons pour faire en sorte que la structure dans laquelle nous nous trouvons, nous avons certains spécialistes de santé qui interviennent dans le domaine. Cela évite que le patient tourne un peu partout », a indiqué le directeur exécutif de Vivre Débout.
Guy Martial Kouassi
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Ali Cissé, Directeur exécutif de l’Ong Vivre Débout
« Grâce à nos efforts, la réadaptation fait partie des préoccupations de nos dirigeants en matière de politique de santé »
Ali Cissé, directeur exécutif des centres Vivre Débout du CHU de Yopougon et du CHR de Bouaké exerce depuis environ 20 ans le métier d’orthopédiste. Formateur et enseignant à l’INFAS, Il fait partie des pionniers de cette discipline en Côte d’Ivoire. A travers cette interview, il nous apprend que la réadaptation touche tout le monde.
Quels sont les types de patients que vous recevez ?
Nous recevons les accidentés de la voie publique, les diabétiques (ils sont les plus nombreux), les élèves, les personnes d’un certain âge… Il y’a aussi ceux qui souffrent de séquelles de poliomyélite, les victimes d’accident vasculaire cérébrale, les personnes qui naissent avec des malformations, des personnes qui ont des problèmes de dos, des enfants ou adultes atteints de scoliose, des personnes qui ont la tuberculose osseuse…
Quels sont donc les appareils que vous réalisez ?
Nous réalisons les orthèses et les prothèses (Membres supérieurs et inférieurs). Quand on dit prothèse, cela veut dire que le membre n’existe plus et on le remplace avec un appareil et lorsqu’on dit orthèse, c’est pour soutenir le membre défaillant ou qui a des difficultés fonctionnelles avec un appareil.
Comment se passe concrètement la prise en charge ?
Un patient vient se faire consulter. Soit, il vient de lui-même ou il a été référé. Dans tous les cas, nos spécialistes feront un bilan. Après cela, on pourrait éventuellement confirmer la prescription du médecin si le patient a été référer pour une prothèse ou on fait une autre prescription. Ensuite, le patient paiera sa facture qui lui a été soumise. Il faut noter que nos tarifs sont des tarifs sociaux. Nous avons des tarifs sociaux pour des personnes indigentes et des personnes nanties. Car, le même type d’appareils qu’on réalise en Europe, nous le faisons ici. Mais, l’avantage chez nous, nous faisons économiser le billet d’avion et les frais de séjour à nos patients nantis. Et là, c’est du social pour les riches. L’avantage pour nous est que cette situation rassure la population sur la fait qu’on n’a pas besoin d’aller à l’extérieur pour se faire appareiller. Pour le patient, l’avantage est qu’il reste dans son environnement. Cela participe à renforcer son mental et à moins le stresser relativement aux charges financières de la durée de la prise en charge. Maintenant, les patients à qui nous donnons les factures et qui ne sont pas à mesure d’honorer, ils doivent m’adresser un courrier bien motivé. A mon tour, j’impute le courrier au département social qui va mener son enquête pour s’assurer que c’est véritablement un problème social. Et comme nous travaillons avec des partenaires qui nous soutienne, nous mettons ces donations à la disposition de cette frange de la population. En fin d’année, nous organisons une cérémonie pour officiellement montrer les personnes qu’on a pu aider pour l’entremise du département social. Et depuis quelques années, nous travaillons avec le ROTARY.
Depuis votre prise de fonction en 2019, quel bilan vous pouvez faire de votre gestion ?
L’avantage pour moi est que je suis un professionnel de ce domaine. Depuis l’ouverture de cette structure, je suis là. Et depuis 10 ans, je suis le responsable technique. Cela veut dire que j’étais au cœur des activités avant de devenir directeur exécutif des deux centres. Tout ce qui se fabriquait comme appareils dans ces centres, il y avait mon empreinte. C’est donc une promotion pour moi avec le changement du conseil d’administration qui a une autre approche. Au départ, nous réalisons des appareils types CICR et aujourd’hui, nous faisons des prothèses modulaires. Ces prothèses modulaires sont des prothèses type européen c’est-à-dire qu’on a plus besoin d’aller ailleurs. Depuis que je suis directeur, j’ai contribué à maintenir la structure. Au moment où je prenais les rênes, nous étions en cessation de paiement de salaire de notre personnel, nous avions des dettes envers nos différents fournisseurs. Ça n’a pas été facile pour le directeur sortant car, le social coûte cher. Grâce à un contact qui a accepté de nous fournir du matériel pour travailler et qu’ensuite rembourser, nous avons pu sauver l’emploi et les salaires du personnel, rembourser nos dettes et tant bien que mal, nous continuons de travailler avec notre nouveau fournisseur. Nous avons pu sauver un partenariat avec des bailleurs Américains et la conséquence de cette situation permet aujourd’hui d’avoir les fauteuils roulants à 12 000 FCFA chez nous. Grâce à nos anciens partenaires, nous avons pu construire un nouveau centre qui répond vraiment aux normes et aux besoins des patients.
On constate que vous êtes proche de vos patients, qu’est ce qui explique cela ?
Vous ne pouvez pas être dans la réadaptation sans être passionné. Au-delà même de ça, un travail que vous faites la main sur le cœur n’est plus un travail. Ce métier est ma raison d’être. Au niveau Africain, j’étais le secrétaire général de la fédération africaine des orthopédistes. J’ai été d’abord en 2007, le président de la commission technique au Rwanda, ensuite en 2009, secrétaire général adjoint en Tunisie, en 2016, secrétaire général au Togo jusqu’à maintenant où nous sommes un peu en conflit. J’ai fait une partie de ma formation en Tanzanie, j’ai fait des stages en France… Donc, c’est par passion que je pratique ce métier. J’aime la profession et je prends mon pied à le faire. Ce n’est pas une corvée donc, si vous me voyez avec mes patients, nous sommes en intimité. Pour moi, quand il s’agit de prendre en charge un patient, nous avons une obligation de résultat qui commence depuis la prise en charge psychologique. Moi, quand un patient vient en consultation, je m’arrête pour regarder comment il se déplace ? comment il est traité ? comment il sera assis ? comment se passe la communication avec celui qui l’accompagne ? Tout cela pour comprendre comment le patient est géré à la maison. Vous allez faire la plus belle prothèse, tant que psychologiquement la personne n’est pas dans le coup, vous passez à côté. Le fait de mettre les patients dans la cour est fait exprès. Il faut les aider à accepter le regard des autres. Le fait de voir les autres dans les situations plus compliquées, ils peuvent se dire que c’est possible. Cela créé la motivation. Et quand vous voulez être aussi un interlocuteur qui donne l’assurance aux patients, il faut qu’ils vous voient dans la chose, ils puissent vous toucher et vous connaissez son problème. Car, il y a ce qu’on appelle la psychologie du malade. Je plaisante beaucoup avec mes patients et cela créé l’ambiance. Et souvent, cette manière de se comporter me permet d’avoir la main courante.
Quel est l’apport de l’ONG vivre débout dans le plan national de développement national de la réadaptation et des technologies d’assistance en Côte d’Ivoire ?
On parle de plan national de développement national de la réadaptation et des technologies d’assistance en Côte d’Ivoire 2022-2025. Cela veut dire qu’avant cette date, il n’y avait rien par rapport à la réadaptation. En fait, dans ce plan, les initiateurs avaient besoin d’avoir les personnes ressources, les structures qui avant que ce soit une politique de l’état de Côte d’Ivoire exerçaient déjà dans le domaine. Et Vivre débout a eu cette chance d’avoir eu le nez creux depuis avant les conflits d’aborder la question de la réadaptation et mieux de prendre vraiment des décisions opérationnelles pour la prise en charge des patients. C’est ce qui fait qu’après le centre Don Orione qui a fait beaucoup de tapage en Côte d’Ivoire (rire), le nom Vivre Débout aujourd’hui a fait école et retient l’attention des gens dans ce pays. Donc, quand il a été question de mettre en place un plan national, ils ont cherché les personnes ressources, les structures ressources… Je fais partie de la plateforme des personnes ressources de la réadaptation. Grâce à notre acharnement, tous les professionnels orthopédistes sont immatriculés à la direction des établissements professionnels de la santé, ils ont une carte professionnelle et tout cela, il faut le mettre à notre actif. Nous travaillons depuis 6 à 7 ans, en entreprenant des démarches envers la direction des établissements sanitaires pour la véritable prise en compte des professionnels de santé de la réadaptation. Et aujourd’hui, le dossier de cette ‘’lutte’’ est sur la table du ministre de la santé et nous attendons sa signature. Aussi, nous sommes en train de préparer pour mettre en place un conseil dans ce domaine avec tous les professionnels de l’appareillage. Nous avons contribué à former avec nos partenaires des personnes qui sont aller faire 3 ans au Togo et qui ont la licence 3 et qui ne sont pas fonctionnaires de l’état de Côte d’Ivoire. Et si nous parlons d’œuvre sociale qui a un coût, on a besoin que cette œuvre soit minimisée. Et comment la minimiser si l’état de Côte d’Ivoire accepte de les prendre comme fonctionnaires. Nous avons aussi formé des auxiliaires orthopédiques pour les mettre à la disposition de l’état de Côte d’Ivoire. Nous, en tant que Vivre Débout, nous avons aussi présenté une convention pour qu’on soit représenté dans toutes les structures sanitaires publiques de Côte d’Ivoire. Nous avons donc l’expertise pour mener à bien cette politique.
Nous contribuons également à former des professionnels dans le domaine. Nous sommes en train de nous projeter pour la ville de Korhogo. Cela va aider le CHR de la ville car, on ne peut pas dire qu’il y a un CHR sans réadaptation. Nous intervenons dans tous les CHU et CHR même si nous n’avons pas de locaux. Par exemple, au CHU d’Angré, nous intervenons chaque quinzaine.
Quel est l’état des lieux du personnel de la réadaptation en Côte d’Ivoire ?
Nous sommes une vingtaine de professionnels orthopédistes et c’est à peine moins d’une dizaine qui a fait des structures de formation académique. Mais, nous ne rejetons pas tous les autres. Bien au contraire, nous voulons renforcer les compétences de ceux qui n’ont pas pu suivre ces formations académiques pour les faire passer à un autre niveau. Donc, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, nous sommes autour de 25 professionnels. Nous avons à peine une dizaine de médecins en réadaptation, il y a de nombreux kinésithérapeutes. Nous avons également des orthophonistes qui ne sont pas nombreux, il n’y a pratiquement pas d’ergothérapeutes, nous avons peu de psychomotriciens et qu’il faut d’ailleurs former… Tout est une question de plan et quand vous regardez le plan national de développement de la réadaptation et des technologies d’assistance, l’état met un point d’honneur à former les professionnels du domaine.
Votre mot de fin
Quand on parle de la santé, cela prend en compte le côté mental, le côté physique et aussi le côté social. Aujourd’hui, les gens pensent que quand on parle de santé, il faut avoir recours automatiquement à la maladie. Quelqu’un peut ne pas être malade et avoir des soucis de santé. Grâce à nos efforts, la réadaptation fait partie des préoccupations de nos dirigeants en matière de politique de santé. C’est pourquoi, on parle aujourd’hui de plan national de développement de la réadaptation et des technologies d’assistance. Notre satisfaction est encore plus grande en ce sens que quand on parle de handicap, nous sommes tous concernés car, si nous avons échappé à un accident de la voie publique et que la maladie nous a épargné, il faut savoir que nous ne pourrons pas éviter la vieillesse. Et nous savons tous les conséquences de la vieillesse sur nous. Si aujourd’hui la politique gouvernementale est dans ce sens, nous sommes donc satisfaits de cette avancée et prise d’initiative.
Interview réalisée par Guy Martial Kouassi
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Dr Coulibaly Abdouramane, Médecin physique et réadaptateur au CHU de Cocody
« Les technologies d’assistance permettent aux personnes de vivre dignement, en bonne santé, d’être productives et indépendantes «
Sous-groupe des technologies de la santé, les technologies d’assistance, selon Dr Coulibaly Abdouramane sont toutes les technologies qui accompagnent la pratique de la santé. A l’en croire, ce sont les produits, les systèmes, les services et toutes activités connexes d’assistance qui ont pour but d’améliorer l’autonomie des personnes et de promouvoir leur bien-être.
« Il s’agit notamment des lunettes pour ceux qui ont des difficultés de la vision, les fauteuils roulants pour ceux qui ont des difficultés de mobilité et les prothèses pour ceux qui ont des amputations. Ces technologies d’assistance sont appelées aussi les aides techniques qui sont utilisées par un large éventail de la population notamment les personnes en situation de handicap et même aussi des personnes qui de par leur vie peuvent souffrir de maladies chroniques passagères et aussi des personnes âgées. Il y a donc 3 grands groupes qui sont les personnes handicapées, les personnes âgées et les personnes qui par soit un accident ou une maladie transitoire ont besoin de technologie d’assistance.
En fait, c’est une thématique qui a été recommandée par l’OMS depuis quelques temps et qui demande à ce que les pays prennent les mesures pour que les technologies d’assistance soient inscrites dans le package minimum de santé des pays et même dans les couvertures maladies universelles. En effet, l’OMS s’est rendue compte que mettre à disposition les technologies d’assistance aux différentes populations contribue à réduire les coûts de la santé. On se dit que quelqu’un qui a un problème de mobilité, quand on sait que le plus grand facteur de la santé est l’immobilité. Quand on ne bouge pas beaucoup, on n’est sédentaire, cela facilite la survenue de maladies. Et quand on bouge difficilement sans protection, sans matériel adéquat, cela peut faciliter aussi la survenue d’accident et d’autres éléments. Du coup, amener des actes de santé. Je prends un exemple de quelqu’un qui aurait eu une amputation et qui a besoin d’une prothèse. S’il n’y a pas de possibilité de lui trouver une prothèse, il passera plus de temps dans son lit à l’hôpital. Donc, un surcoût pour la personne et aussi un surcoût pour le système de santé. S’il y a un système d’octroi de technologies d’assistance dont une prothèse à cette personne, plus rapidement cette personne pourra sortir de l’hôpital et pourra vaquer à ces occupations et reprendre une activité pour être productive dans la vie. Donc, c’est ce schéma qui permet de montrer l’importance des technologies d’assistance dans la société et surtout sur le coût de la santé.
Il faut noter que ces technologies d’assistance bénéficieront d’un écosystème c’est-à-dire de tout un système qui tourne et gravite autour d’elles. L’un des premiers éléments de l’écosystème est l’identification des parties prenantes. Le deuxième élément est la politique nationale sur les technologies d’assistance. Ici, il faut faire en sorte que cette politique existe et soit incorporée dans le système sanitaire afin que son impact sur les populations soit palpable. Le troisième élément concerne les produits utilisés par les technologies d’assistance. Il existe 6 domaines de produits. Il s’agit des aides à la mobilité qui concernent le handicap moteur et tous ceux qui ont une restriction pour la mobilité. Nous avons les aides à la vision, tous ceux qui ont un trouble de vision, qui ont besoin d’éléments pour améliorer leur vision. Nous avons aussi les aides à l’audition, tous ceux qui besoins d’aide pour pouvoir mieux entendre. Nous avons aussi les aides à la cognition, cela concerne ceux qui ont un trouble de la réflexion, du raisonnement, on parle le plus souvent du handicap intellectuel. Il y a aussi les aides à la communication. Il s’agit de la panoplie des aides qui permettent à la personne de communiquer. Nous avons par exemple le braille qui permet aux personnes aveugles de communiquer, la langue des signes… le dernier élément concerne les aides aux soins corporels et à l’environnement. Ici, nous avons les fauteuils de douches, les chaises de douches, les couches…
Le quatrième élément concerne le personnel qui développe et met à disposition ces technologies d’assistance. Il y’a certains qui sont des professionnels de la santé et d’autres des paras de la santé. Quand on prend la vision par exemple, il y’a l’ophtalmologue qui va déterminer l’acuité visuelle, ce qu’il a lieu de faire pour la personne et il y’a l’opticien qui n’est pas un médecin mais qui est un paramédical et qui pourra dire l’appareillage qu’il faut. Il y’a donc tout ce personnel à identifier et à savoir comment créer une synergie et faire en sorte que ce personnel soit disponible dans le pays et si ce n’est pas le cas, organiser la formation initiale des personnes.
Il faut également ajouter les prestations de services qui est le cinquième élément. Est-ce que quelqu’un qui est à un point Y de la Côte d’Ivoire peut bénéficier d’un fauteuil roulant au même titre que quelqu’un qui est à un autre point A de la Côte d’Ivoire ? Faire en sorte que les prestations sur tout l’ensemble du territoire national soient possibles. Que ces aides à la mobilité, que ces produits soient disponibles et puissent permettre aux gens de palier aux difficultés qu’ils vont rencontrer dans le courant de leur vie.
Le dernier élément concerne la personne. Ici, l’OMS souhaiterait que les technologies d’assistance ne soient plus dispensées de manière hasardeuse. Je prends par exemple le cas du fauteuil roulant. Aujourd’hui, lorsque quelqu’un ne peut pas utiliser ces deux jambes, chacun court vers les petits marchés et s’octroie un fauteuil roulant pour le remettre à la personne concernée. C’est très dangereux pour ces personnes qui utilisent ces fauteuils roulants parce que rien ne prouve que ce matériel est adapté à la situation de la personne. Rien ne prouve que ce matériel va lui apporter l’aide nécessaire pour sa situation de handicap qu’il vit. Donc, l’objectif est de faire en sorte que les technologies d’assistance soient administrées ou mises à la disposition des populations sur la base des examens avec des professionnels qui s’y connaissent et qui savent identifier le besoin spécifique de chacun. Voilà un peu l’écosystème des technologies d’assistance.
En Côte d’Ivoire, l’évaluation et les recommandations ont été faites relativement à ces technologies. L’évaluation dénommée Evaluation systématique de la situation de la réadaptation en Côte d’Ivoire a été faite en 2020 par un expert désigné par l’OMS. A la suite de cette évaluation, un plan national de développement national de la réadaptation et des technologies d’assistance en Côte d’Ivoire a été mis sur pieds. Cela veut dire qu’en Côte d’Ivoire, il y’ a eu une nette évolution et nous attendons les validations du ministère de la santé avant que cette politique puisse se mettre en branle pour essayer de faire de la Côte d’Ivoire un pays qui tient compte de ces recommandations de l’OMS et qui tient également compte de l’évolution de la situation de la santé au point de vue mondial. En clair, les technologies d’assistance permettent aux personnes de vivre dignement, en bonne santé, d’être productives et indépendantes. L’objectif est de rapprocher les structures d’appareillage auprès des populations.
Concrètement, comment les choses se passeront ? Si notre ministère de tutelle a validé les recommandations, l’objectif du plan est de faire en sorte que la réadaptation et les technologies d’assistance soient présents dans tout le système pyramidal de la Côte d’Ivoire. Au niveau des CHU qui est le plus haut niveau, ensuite au niveau intermédiaire notamment les CHR et les hôpitaux généraux et même au niveau communautaire. Mais chaque niveau n’a pas le même niveau d’importance et le même niveau de prestation de services. Au niveau communautaire, il aura beaucoup plus un rôle de référencement c’est-à-dire qu’ils connaissent les structures capables d’aider un patient et ils savent quels conseils pratiques donner aux patients. Le niveau secondaire, il aura des unités de rééducation et de kinésithérapie et d’appareillage qui pourront par la suite produire un certain nombre d’aide pour ces personnes, mais dans une limite bien déterminée. Au niveau tertiaire c’est-à-dire dans les CHU où c’est le niveau le plus élaboré, qui sera à même de produire tout ce qui est possible pour aider ces personnes dans le cadre de la réadaptation et des technologies d’assistance.
Notre souhait est donc de faire en sorte que ce plan national de développement national de la réadaptation et des technologies d’assistance en Côte d’Ivoire puisse prendre forme. La Côte d’Ivoire a accusé un grand retard dans ce secteur. Lorsque nous voyons dans certains pays frères, ce secteur a réussi à avancer malgré les difficultés du pouvoir économique de ces pays. En Côte d’Ivoire, nous sommes restés à la traine dans certains secteurs. Donc, pour booster ce secteur, il faut créer une entité qui aurait la possibilité de vraiment développer ce secteur et permettre de rattraper ce retard en faisant en sorte que la Côte d’Ivoire se retrouve sur l’échiquier national et international avec un système de réadaptation et de technologie d’assistance qui répondent aux normes et aux besoins de la population. Relativement aux ressources humaines, la Côte d’Ivoire a tout. Au niveau des médecins, la Côte d’Ivoire a le cursus de formation des médecins réadaptateurs. Il y’a actuellement 14 médecins réadaptateurs. Le circuit de formation en produit 5 à 10 médecins réadaptateurs chaque année. Donc, à ce niveau, les ressources humaines sont présentes. Quand on prend les Kinésithérapeutes, il y’a l’INFAS qui forme 10 à 15 par an. Et, aujourd’hui, au point de vue unité de kinésithérapie, il y’a une meilleure couverture sur le plan national. La Côte d’Ivoire vient de créer la filière des orthophonistes (rééducation au langage), la première promotion prendra bientôt fonction. Ce qui veut dire que c’est une question de temps pour que la couverture nationale soit comblée. Il y’a certains secteurs qui n’existent pas encore mais je pense qu’avec la volonté des autorités de la santé qui ont pris conscience des données de ce secteur, les choses vont vite se mettre en place. Il s’agit de la filière de l’ergothérapie par exemple. La Côte d’Ivoire est véritablement nantie dans le domaine de la réadaptation. Le gros problème se situe au niveau des infrastructures et de l’organisation des structures d’accompagnement de ce secteur qui est resté un peu à la traine. Comme c’est une recommandation de l’OMS, il y’a énormément de bailleurs de fonds qui sont intéressés dans la mise en œuvre de ce secteur. Ces bailleurs n’attendent que le gouvernement ivoirien mette les structures adéquates en place pour qu’ils puissent apporter leur appui. Et ce, tant au niveau de la formation, tant au niveau de l’équipement et de la construction des infrastructures. Nous souhaitons préciser qu’au-delà du centre d’appareillage Vivre débout, il faut savoir que la plupart des structures émanent du secteur privé. Et, le constat est que la plupart de ces centres est situé dans la zone sud du pays.
Nous pensons que notre pays a perçu la justesse du développement de ce secteur pour le bonheur des personnes handicapées. Je disais tantôt que c’est un secteur qui s’adresse à toute la population ivoirienne mais principalement à 3 populations clés de la Côte d’Ivoire et sensible. Il s’agit des personnes handicapées, des personnes âgées et des personnes qui dans le courant de la vie auront des difficultés de fonctionnement, de santé, suite à une maladie ou un traumatisme. Et lorsqu’on fait les statistiques, cette population est vraiment énorme, présente et a vraiment des difficultés pour avoir tout ce qu’il faut pour améliorer son fonctionnement. Pour conclure, il faut comprendre que la réadaptation s’occupe du fonctionnement de la personne et le fonctionnement de la personne est le 3ème indicateur de la santé après la mortalité et la morbidité. Cela montre la place de ce secteur dans le système sanitaire d’un pays ».
Propos recueillis par Guy Martial Kouassi
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Encadré
« Le diabète, l’hypertension artérielle sont devenues des pathologies pourvoyeuses au niveau des difficultés de la mobilité »
« Au niveau de la mobilité, nous avons pratiquement 40 à 50% des patients qui viennent avec des difficultés de fonctionnement et de la mobilité. Dans ce pourcentage, il y a ceux qui peuvent être traités sur la base de traitement médicamenteux, de traitement physique et qui pourront recouvrer la santé facilement. Il y a ceux qui ont besoin d’un accompagnement qui constitue la moitié de ces consultations. Ceux-ci ont besoin de fauteuils roulants, de béquilles…qui vont leur permettre d’améliorer leur mobilité », a fait savoir K Y, infirmier spécialisé en réadaptation au CHU de Yopougon.
A l’en croire, les facteurs de risques sont tout ce qui peut entrainer les situations de difficulté de la mobilité.
« C’est d’abord toutes sortes de pathologies de la personne parce qu’on a tendance à incriminer un certain nombre de pathologies. Ce qui veut dire que les pathologies dans le système de santé doivent être correctement soignées. Et puis, les cas de traumatismes, d’accidents qui doivent être correctement pris en charge pour éviter que cela n’aboutisse sur des situations de troubles de fonctionnement qui nécessite l’appareillage et bien d’autres choses », ajoute-t-il. Poursuivant, il avoue que les difficultés de mobilité sont beaucoup plus visibles chez les jeunes que les personnes adultes.
« On constate que ces temps-ci que le diabète, l’hypertension artérielle, ces maladies chroniques sont devenues des éléments qui sont pourvoyeuses de pathologie au niveau des difficultés de la mobilité », a prévenu K Y.
GMK
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N’gbra Guillaume Charbel, inspecteur principal option éducation
« Les aveugles et malvoyants peuvent faire face à leurs activités de vie quotidienne avec ces aides techniques »
N’gbra Guillaume Charbel est inspecteur principal option éducation et formateur en pédagogie spécialisée à l’institut national supérieur de formation sociale (INSFS). Aveugle depuis l’âge de 3 ans, N’gbra Guillaume Charbel estime que l’accessibilité numérique facilite l’intégration scolaire, professionnelle et sociale des personnes handicapées visuelles en Côte d’Ivoire. (Entretien).
Quelles sont les aides technologiques pour personnes aveugles que vous connaissez ?
Les aides technologiques pour personnes aveugles et malvoyantes que je connais se subdivisent en deux catégories. D’abord, Il y a les aides classiques de suppléance visuelle c’est-à-dire, le matériel pour les aveugles conçu avant l’arrivée de l’ordinateur. On distingue dans ce type de matériel, l’ensemble tablette-réglette et feuilles mécanos couramment appelées feuilles brailles qui est l’équivalent du cahier, le poinçon qui est l’équivalent du stylo à bille et du crayon à papier, le boulier compteur ou abacus qui sert à effectuer les opérations avec les nombres entiers ainsi que les nombres décimaux, la machine perkins qui est l’équivalent de la machine à dactylographier, les cannes pour la locomotion des aveugles pour ne citer que ceux-là. Ensuite, il y’a le matériel pour les aveugles basé sur les technologies de l’information (TIC). Nous avons l’embosseuse qui est une imprimante braille, il y a aussi les ordinateurs équipés de revues d’écran ainsi que des assistants virtuels comme job acces with speech (JAWS), voice-over, siri, NVDA… Ces aides technologiques pour les personnes aveugles et malvoyantes couvrent tous les domaines de besoin des aveugles et malvoyants au quotidien (locomotion, travail, cuisine …).
Quel est l’impact de ces aides techniques sur la vie de cette frange de la population?
Les aveugles et malvoyants peuvent faire face à leurs activités de vie quotidienne avec ces aides techniques. Avec le matériel classique de suppléance visuel, les aveugles et malvoyants écrivent, lisent, calculent, se déplacent. Avec le matériel basé sur les technologies de l’information (TIC), les aveugles et malvoyants peuvent faire des impressions en écriture braille, avec les ordinateurs équipés de revues d’écran et d’assistants virtuels, les aveugles peuvent utiliser l’ordinateur et les variantes d’ordinateurs pour notamment, rédiger et lire des documents, envoyer et recevoir des messages électroniques ou encore consulter des sites Web.
Pour qu’elles puissent profiter pleinement de ces possibilités offertes par les nouvelles technologies, encore faut-il qu’un minimum de précautions soient prises par les auteurs des documents, des messages électroniques ou des pages Web.
Comment les personnes déficientes visuelles utilisent l’informatique?
En matière d’utilisation de l’informatique, les personnes déficientes visuelles se répartissent en deux catégories. D’une part, les personnes aveugles ou très malvoyantes dont la vision résiduelle ne peut être utilisée pour une lecture soutenue et d’autre part, les personnes malvoyantes pouvant, dans des conditions adaptées, utiliser leur vision résiduelle pour lire. Il est précisé que, en matière de saisie, sauf cas de handicap moteur, toutes les personnes déficientes visuelles peuvent apprendre à se servir d’un clavier ‘’azerty classique’’. Le problème à résoudre est celui de la restitution de ce qui s’affiche à l’écran. Sur l’ordinateur d’une personne aveugle ou malvoyante ne pouvant utiliser sa vision résiduelle, on installe un logiciel appelé « lecteur d’écran » ou « revue d’écran ». Disposant le plus souvent d’un synthétiseur vocal, le lecteur d’écran récupère l’information textuelle et la restitue vocalement à l’utilisateur. Cette vocalisation porte aussi bien sur le texte frappé au clavier que sur le contenu de l’écran (menus, boîtes de dialogue, texte des documents, pages Internet…). Si la personne connaît le braille, le lecteur d’écran peut aussi gérer en parallèle un afficheur braille connecté à l’ordinateur. L’afficheur reconstitue les caractères braille correspondant à une portion de ligne de l’écran, des touches de fonction permettent le déplacement dans l’écran. Il faut aussi ajouter que l’audition ainsi que le toucher ont un fonctionnement très différent de la vue. Quand une personne voyante regarde un écran (ou un document papier), elle a une vue d’ensemble. Elle repère les titres et sous-titres, généralement mis en évidence par des artifices graphiques (caractères plus gros, en gras…) et commence sa lecture à la partie qui l’intéresse. Avec l’audition ou le toucher, il en va autrement. Il n’est pas possible d’avoir une « écoute d’ensemble » ou un « toucher d’ensemble » comme on peut avoir une vue d’ensemble. D’autre part, si la personne déficiente visuelle peut connaître les attributs graphiques (gras, taille) d’une zone de texte, ce n’est pas très facile car cela nécessite une démarche spécifique (et consommatrice de temps) de recherche de ces attributs qui sont perçus spontanément par une personne voyante. En outre, même pour des personnes déficientes visuelles très entraînées, l’écoute d’un texte ou sa lecture en braille sont nettement moins rapides que la lecture visuelle par une personne voyante. Pour que les personnes déficientes visuelles puissent lire des documents informatiques ou des pages Web dans de bonnes conditions de vitesse, il est donc primordial que soient utilisées les possibilités de structuration des documents et pages Web offertes par les logiciels (titres, listes à puces ou numérotées, table des matières…). Les documents ou pages Web ainsi créés comportent des « balises » que peut interpréter le lecteur d’écran et, ainsi, une personne déficiente visuelle peut commencer par ne lire que les titres pour ensuite lire le détail correspondant au titre qui l’intéresse.
Pour les malvoyants disposant de capacités visuelles résiduelles suffisantes, il existe des logiciels d’agrandissement permettant la présentation du contenu de l’écran sous plusieurs formes (plein écran, loupe, ligne, écran partagé…) et la modification très fine des couleurs d’affichage (inversion de polarité, affichage en noir et blanc, suppression ou remplacement de couleurs…). Certains logiciels offrent aussi des aides sonores (lecture des textes affichés, prononciation des saisies faites au clavier). La lecture sera ainsi facilitée par une bonne structuration des documents et pages Web.
Pour que les personnes malvoyantes puissent lire correctement l’information affichée à l’écran, les couleurs doivent être utilisées de manière judicieuse. Il faut donc utiliser des couleurs bien contrastées, en veillant notamment à ce qu’il y ait un contraste suffisant entre la couleur du texte et la couleur d’arrière-plan, il faut éviter l’utilisation de la couleur seule pour donner ou faire ressortir une information. Par exemple, le fait qu’une valeur est négative, cela ne doit pas être indiqué par le seul emploi de la couleur rouge. En clair, un document numérique est donc, en règle générale, plus accessible aux personnes déficientes visuelles qu’un document papier. Si la transformation d’un document numérique accessible en document papier est facile, l’inverse n’est pas vrai.
A travers un plan national de développement de la réadaptation et des technologies d’assistance, la Côte d’Ivoire a maintenant décidé de s’approprier cette question. Quel est donc votre point de vue ?
Je crois que c’est une bonne chose que la Côte d’Ivoire a maintenant décidé de s’approprier cette question. En effet, par cette décision, une solution sera trouvée à la difficulté que les aveugles et malvoyants ont quand ils sont recrutés de façon dérogatoire à la fonction publique. Ils pourront avec ces aides, remédier au problème de la seule écriture braille que les aveugles ont pour travailler alors que leurs employeurs ne lisent pas et n’écrivent pas le braille. L’ordinateur et les variantes d’ordinateur viennent comme des solutions aux limites de l’écriture braille. Il y a aussi que l’accessibilité de l’ordinateur et des variantes d’ordinateur, les aveugles résolvent leur problème de mobilité réduite à travers le télétravail, l’utilisation des applications pour commander des voitures pour se déplacer par exemple.
Votre appel
Je lance un appel à tout le monde. Etat, parents des aveugles, aux aveugles et malvoyants, aux voyants de contribuer dans la mesure de leurs possibilités à l’accès à ces aides techniques qui pourront aider tout le monde. Car, ce qui est accessible à un aveugle est en effet plus accessible à un non aveugle.
Entretien réalisé par Guy Martial Kouassi







