Kouassi Koffi Mathurin (Président de la FARECI) : «que tous nos camarades s’approprient le partenariat entre IVOSEP et la FARECI »
La Fédération des Associations des Fonctionnaires et Agents de l’Etat à la Retraite de Côte d’Ivoire (FARECI) a signé, récemment, un accord de partenariat avec la société Ivoire Sépulture (IVOSEP) pour permettre à ses adhérents de mieux préparer leurs futures obsèques. Dans cette interview qu’il a accepté de nous accorder, le Président de la FARECI, M. Kouassi Koffi Mathurin explique le bien fondé de ce partenariat et appelle ses camarades à s’approprier de ce projet qu’il qualifie d’inédit
Monsieur le Président, avant toute chose, pouvons-nous savoir comment se porte la FARECI que vous présidez ?
La FARECI se porte très bien dans la mesure où chaque fois que nous avons eu besoin des associations membres, elles ont répondu présent et chaque fois que des activités sont initiées par la FARECI, toutes les associations membres participent à ces activités. Vous en avez pour preuve, en 2019 comme en 2020, lors de la journée internationale des personnes âgées, la mobilisation a été totale au niveau de nos camarades qui ont été invités. Ensuite, nous avons eu à organiser en 2019, des vaccinations et des contrôles de paramètres de nos camarades, parce que nous sommes plus ou moins hypertendus. Il fallait voir si on se portait bien. Si on n’avait pas un pic au niveau du diabète. On a initié une journée dédiée à ces camarades, une journée médicale pour le contrôle du diabète, de la tension, avec tous les conseils qui accompagnent. Tout cela a été fait gracieusement pour tous nos camarades qui sont venus nombreux. Il y avait plus de 300 personnes à l’IPS/CGRAE de Cocody Attoban.

Dans le cadre de la recherche du bien-être des adhérents de votre faîtière, vous avez signé un accord de partenariat avec la société Ivoire Sépulture (IVOSEP). Pouvons-nous savoir à quoi répond cet accord de partenariat ?
Effectivement, nous venons récemment de clore des négociations avec à la clé, les facilités pour l’organisation des obsèques de nos camarades à la retraite, avec la société Ivoire Sépulture (IVOSEP). Nous sommes à la retraite et la pension n’est pas le salaire que nous gagnions lorsque nous étions en activité. Les pensions que nous percevons se situent entre 50 et 60% du salaire brute qui était payé lorsque nous étions en activité. Cela veut dire que les moyens financiers sont très bas. Lorsqu’il y a des décès dans la famille où nous sommes les chefs, toutes les dépenses reposent sur nous. Et nous voyons comment c’est difficile d’accompagner nos parents à leur dernière demeure.

Nous avons aussi connu des difficultés quant à nos camarades qui décédaient dans les hôpitaux publics où dans les cliniques. Nous étions souvent interpellés par leurs familles, alors que nous sommes une structure sans grands moyens. Nous vivons sur de maigres revenus. Nous venons donc de poser un acte très significatif pour nos camarades fonctionnaires à la retraite. A savoir, la signature d’un accord, que nous avons, patiemment et longuement négocié avec les services d’IVOSEP. Le jeune Sidi Augustin Diallo était l’un des principaux acteurs. Malheureusement, il est parti trop tôt. Nous le regrettons beaucoup. Les textes de la convention, nous les avons travaillés ensemble. Aujourd’hui, la monture que nous avons, c’est le résultat de ce travail patient et constructif que nous avons mené avec les responsables d’IVOSEP.
Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à engager une telle démarche en faveur des associations membres de la FARECI ?
Somme toute, c’est l’IPS/CGRAE qui nous a mis en contact avec IVOSEP. Parce que comme je l’ai dit tantôt, en cas de décès de nos camarades, on est interpellé et nous n’avons pas les moyens. Face donc aux cris de détresse de ces camarades, on a beau crié vers l’IPS/CGRAE, mais il n’a pas prévu ce type de d’intervention dans son budget. L’un dans l’autre, il fallait trouver des solutions. C’est ainsi que l’IPS/CGRAE nous a mis en contact avec IVOSEP et a suivi les négociations par le biais de son avocat conseil et tout s’est bien terminé. Nous avons donc tenu un point de presse pour permettre à tous les camarades, au-delà d’Abidjan, de savoir que le travail que nous avons fait, c’est pour eux tous. Et qu’ils soient tranquilles, parce que même leurs épouses, leurs enfants, ils peuvent prendre des engagements en leur nom. C’est-à-dire associer à ce contrat les enfants ou les épouses, s’ils en ont la capacité.

C’est payé sur 60 mois, ce qui correspond à 5 ans. C’est dire que pendant 5 ans et de ton vivant, on te donne la possibilité de liquider les frais funéraires que tu souhaites. C’est nous même qui choisissons le type d’obsèques et le type de prestation que nous voulons. Et face à ce choix, nous prenons nos responsabilités de régler la facture, avant que la mort ne vienne nous prendre. Vraiment c’est formidable. Au départ on nous a imposé un délai de trois à quatre mois. On a donc négocié fort, parce que les fonctionnaires à la retraite n’ont pas assez de moyens. Il faut leur laisser une bonne marge pour pouvoir liquider les frais qu’ils vont choisir. C’est désormais chose faite. Ainsi lorsqu’ils s’adresseront à une agence des pompes funèbres IVOSEP, il suffit de dire qu’ils sont de la FARECI. Ils seront bien accueillis et on mettra à leur disposition toute la documentation qui leur permet de faire leurs choix. Ce qui est intéressant, c’est que c’est nous même qui choisissons la manière dont on veut que nos obsèques se fassent. C’est du jamais vu. Même chez les assurances décès, cela ne se fait pas.

Dans le cadre de ce partenariat, la FARECI a pour rôle principal de sensibiliser les membres adhérents sur la pertinence des propositions d’IVOSEP. Avez-vous donc un message dans ce sens, à l’endroit de vos camarades ?
Dans la vie il faut tout prévoir. Tant qu’il y a la vie, il faut penser aussi à la mort. Un jour ou l’autre, on est appelé à mourir. Et quand nous mourons, nous posons des problèmes à ceux qui vivent. Mais si nous vivons et que nous pouvons penser déjà à ce type de problème, c’est tant mieux. Et cette fois, la compagnie IVOSEP nous aide à résoudre ce problème épineux. Parce qu’avec eux, il faut payer cash. Sinon le corps ne sort pas. Alors que là, pendant que nous vivons, nous pouvons payer en 5 ans, en 3 ans, etc. selon notre désir et nos moyens. Mais c’est vraiment agréable, c’est bon à prendre. C’est ainsi que tous nos camarades ont apprécié cette opportunité que IVOSEP nous offre à travers cet accord que nous avons signé. Notre objectif, est que tous les camarades, au-delà d’Abidjan, dans nos délégations et partout où ils se trouvent, s’approprient ce projet. C’est l’un des grands projets que nous venons de mettre en œuvre au bénéfice de nos camarades.
Interview réalisée par Eugène YOBOUET







